DÉTENUS PRÉVENTIFS À MAKOKOU : LE SILENCE DES AUTORITÉS FAIT VACILLER L’ÉTAT DE DROIT
Unis par la douleur, les parents des jeunes détenus sans jugement ont décidé de briser le silence. Leur courrier, adressé à la DGSS, n’est pas une supplique, mais un rappel ferme aux principes fondamentaux de l’État de droit. Ils y dénoncent la détention prolongée de leurs enfants, transférés à Makokou sans procès, sans contact avec leurs avocats, ni avec leurs proches.Loin de contester les enquêtes, ni même les détentions provisoires si elles sont encadrées ils rejettent, l’opacité totale et la privation de droits élémentaires qui transforment la présomption d’innocence en fiction.
Conditions de détention jugées inhumaines
Les témoignages recueillis font état de conditions de détention préoccupantes : isolement, absence d’assistance juridique, privation de communication. Pour des prévenus encore présumés innocents ce traitement s’apparente à une double peine, voire à une forme de maltraitance institutionnelle. L’accès aux permis de communiquer, pourtant délivrés par la justice, est bloqué. Les familles, plongées dans une détresse silencieuse, dénoncent un enfermement aussi physique que moral.
Quand l’administration se dérobe
Ce que le collectif pointe du doigt, c’est surtout l’inertie d’un système. Entre la DGSS et le Palais de Justice, c’est un jeu de responsabilités fuyantes qui s’installe. Chacun se retranche derrière l’autre, et personne n’assume. Pendant ce temps, des citoyens ordinaires affrontent seuls les lourdeurs administratives et l’indifférence des institutions.
Ce ping-pong administratif, loin d’être anodin, sape les fondations mêmes de la confiance publique. Il interroge : que vaut une justice qui ne répond plus à ceux qu’elle doit protéger ?
Un appel à l’humanité et à la cohérence
Le collectif ne réclame ni faveur ni privilège. Il demande simplement que la loi soit appliquée. Que les procédures judiciaires soient respectées. Que les détenus aient accès à leurs avocats. Que la détention préventive ne soit pas un oubli punitif.
Il s’agit d’un appel à la conscience nationale. Car derrière chaque dossier, il y a un jeune, une famille, une vie suspendue. Et au-delà, il y a l’image de la justice gabonaise une justice qui doit rester humaine, transparente, crédible.
Un acte citoyen à soutenir
Cette mobilisation des familles, courageuse et digne, mérite plus que l’indifférence. Le retour de ces détenus à Libreville pour être entendus par un juge n’est pas une exigence excessive. C’est une demande de justice élémentaire. Et c’est, surtout, un test de maturité pour les autorités.
La balle est désormais dans le camp de l’État. Répondra-t-il à l’appel de ses citoyens ou choisira-t-il le silence coupable ?