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"OUTRAGE À MAGISTRAT"

"OUTRAGE À MAGISTRAT"
Nicolas Sarkozy se retrouve de nouveau dans le collimateur de la justice.

Une semaine après sa condamnation à cinq ans de prison ferme pour "association de malfaiteurs" dans l’affaire libyenne, Nicolas Sarkozy se retrouve de nouveau dans le collimateur de la justice. Ce mercredi 1er octobre 2025, une vingtaine d’avocats ont déposé plainte contre l’ancien président pour "outrage à magistrat" et "atteinte à l’autorité de la justice", selon les informations de BFMTV. En cause : des déclarations jugées incendiaires dans Le Journal du dimanche, où il dénonçait une décision qui


"violait toutes les limites de l’État de droit"


Cette sortie médiatique, une véritable attaque en règle contre l’institution judiciaire, a fait monter la moutarde au nez de plusieurs avocats. À l’origine de la plainte, Me Jérôme Giusti, pénaliste engagé, fondateur de la "Brigade du droit". Il l’a déposée au nom d’une vingtaine d’avocats issus notamment des barreaux de Paris, Caen et Montpellier. Parmi eux figure Jean-Baptiste Soufron, avocat de l’association Anticor.


"Lorsque Nicolas Sarkozy a été condamné, sa prise de parole à la sortie de l’audience semblait déjà être une attaque contre la justice. Mais c’est la réitération de ses propos dans le JDD qui nous a fait réagir"


explique Me Giusti. Et de préciser :


"Tout le monde a le droit de critiquer une décision de justice. Mais il y a des limites. On ne peut pas laisser passer cette attaque en règle de la justice"


Trois extraits de l’interview sont visés : lorsque l’ancien Chef de l’État affirme que sa condamnation "violait toutes les limites de l’État de droit", qu’il dénonce des "pratiques si contraires à l’État de droit", et qu’il promet de ne pas plier "face au mensonge, au complot et à l’insulte", en visant implicitement les magistrats. Pour les avocats plaignants, ces propos ne relèvent pas de la simple opinion :


"Ils constituent un acte délibéré de discrédit porté à l’institution judiciaire"


"Ses propos portent atteinte non seulement à la décision de justice, aux magistrats l’ayant rendue mais aussi au respect dû à l’institution judiciaire"


insistent les signataires. Ils ajoutent que cela "nuit gravement à l’État de droit". Ils soulignent également le contexte actuel : depuis la condamnation, les juges, dont la présidente Nathalie Gavarino, ont reçu des menaces de mort. Deux enquêtes sont en cours. Le spectre d’une nouvelle affaire judiciaire plane donc sur l’ancien président, déjà en pleine tourmente.


 

Par Pamphile EBO

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