REGARD SANS COMPLAISANCE DE L'ACER
Restée silencieuse au lendemain de la présidentielle du 12 avril, l’Autorité de contrôle des élections et du réferendum avait été qualifiée de caisse de raisonnance du pouvoir.
Cette fois-ci, l’Institution a decidé de changer la donne.
48h après le vote du 27 septembre, président, Wenceslas Mandoundou a dressé le bilan du premier tour du scrutin. Un tableau sans complaisance des nombreux disfonctionnements et irrégularités qui ont entaché le processus électoral.
Des faits qui impliquent autant la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du réferendum (CNOCER), les candidats, leurs militants, ainsi que les électeurs et interpellent l’ACER, garante de la régularité, de la transparence et de sincérité des scrutins.
Bulletins de vote, cartes d’électeurs, procurations, incivisme
Aux nombres des manquements liés à la CNOCER, on note, la distribution tardive des cartes d’électeurs ; l’absence d’affichage de la liste électorale devant plusieurs centres de vote ayant rendu difficile la distribution des cartes d’électeurs, et empêché le vote de nombreux électeurs ; l’absence des bulletins de vote de certains candidats, de listes d’émargements ; l’absence ou la présence d’isoloirs non conformes dans certains bureaux de vote ; le démarrage très tardif du scrutin. ; le remplacement de nombreux scrutateurs régulièrement formés par des personnes sans expérience, ni connaissance des dispositions du code électoral et l’obsctruction à la mission de l’ACER par certains présidents du bureau de vote.
Alors que la délivrance massive de procurations a alimenté le débat dès les premières heures du scrutin, l’ACER a dénoncé une « délivrance irrégulière et abusive des procurations par les commissions électorales, en violation des dispositions du code électoral.»
D’autres irrégularités sont liés à l’incivisme des militants des partis politiques, à savoir, la présence d’affiches de propagande électorale des candidats dans les centres et bureaux de vote, en violation du Code électoral ; le comportement incivique de certains candidats et de leurs partisans, l’intrusion des candidats dans les bureaux de vote , les actes de violence orchestrés dans certains bureaux de vote, la destruction du matériel électoral.
Analyse approfondie
Si ce constat conforte les nombreuses dénonciations d’une fraction de la classe politique, l'ACER a tout de même « salué les efforts déployés par le CNOCER dans l’organisation et la gestion de ces scrutins au regard de leur complexité.»
« Les incidents recensés relèvent des défaillances et des comportements individuelles repréhensibles que d’une volonté coordonnée de fraude électorale. Ces disfonctionnements identifiés et documentés feront l’objet d’analyse approfondie pour le second tour des élections législatives », a déclaré Wenceslas Mandoundou
Et, en guise de solution, l’ACER a invité la CNOCER à la rectification de toutes les erreurs matérielles ayant affecté les résultats annoncés par le ministre de l’Intérieur, particulièrement le 2e arrondissement de la commune d’Akanda ou toute autre circonscription électorale du pays.
Et si pour le cas particulier d’Akanda, la réaction d’Hermann Immongault ne s’est pas fait attendre, après la déclaration du candidat Ntoutoume Ayi, cette sortie de l’ACER vient mettre une pression supplémentaire sur la CNOCER, qui fait face à ne nombreuses critiques depuis le début du processus.