QUE L’AUTEUR SOIT IDENTIFIÉ ET SANCTIONNÉ
Une grave pollution aux hydrocarbures frappe actuellement les plages du sud du Gabon, entre Mayumba et Mayonami. Sur près de 30 kilomètres, des nappes noires souillent le littoral, suscitant l’inquiétude des populations locales et l’alerte des autorités.
Dans un communiqué officiel daté du jeudi 2 octobre 2025, le secrétariat permanent du Conseil national de la mer (CNM) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué en urgence le comité technique du CNM pour
« statuer sur la situation sur le littoral sud du Gabon »
à l’épicentre de cette catastrophe écologique.
Depuis le 24 septembre, des opérations de dépollution ont été lancées. Elles mobilisent les services de l'État, ainsi que les principaux opérateurs pétroliers présents dans la zone : Perenco Oil and Gas Gabon, Valco Gabon et BW Energy. Ces sociétés sont dans le collimateur des autorités alors que les enquêtes visent à établir les responsabilités.
Les investigations en cours incluent notamment « une analyse des échantillons prélevés », afin de déterminer la provenance précise des hydrocarbures déversés. Cette étape est jugée très importante pour identifier le pollueur.
Le Chef de l'État a ordonné l’accélération des actions en cours. Il exige que
« l’auteur de cet acte soit identifié et sanctionné conformément aux textes en vigueur, notamment les codes des hydrocarbures et de l’environnement »
La main lourde sera appliquée contre les responsables.
Par ailleurs, le président a donné mandat au CNM de renforcer les mécanismes d’alerte et d’intervention, pour éviter que de telles situations ne se reproduisent. La protection du littoral gabonais, reconnu pour sa richesse écologique, devient une priorité nationale.
"Pour retrouver l'auteur de cet acte, je privilégie l’analyse des courants marins pour tracer l’origine de la nappe d’hydrocarbures, couplée à l’examen chimique des échantillons pour identifier le type de pétrole et le relier à un opérateur. J’explore aussi les journaux de bord des navires, les images satellites et les données AIS pour détecter d’éventuels dégazages illégaux. Par la suite, il faut croiser ces éléments avec les activités récentes des compagnies pétrolières locales. Une fois l’auteur identifié, des sanctions exemplaires doivent être prises pour dissuader toute récidive"
commente une source jointe à l’Institut du pétrole et du gaz de Port-Gentil (IPG)
Pour le secrétaire permanent du CNM, le professeur Léandre Edgard Diambou, également conseiller spécial du président, l'engagement de l'État ne fait aucun doute. Il a rappelé la nécessité d’une vigilance accrue et d’une coopération étroite entre les acteurs publics et privés.