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DÉRIVES, MALVERSATIONS ET MÉPRIS DE L’AUTORITÉ

DÉRIVES, MALVERSATIONS ET MÉPRIS DE L’AUTORITÉ
Une mesure justifiée selon plusieurs sources internes qui dénoncent une série de dérives, d'abus et de mépris envers les règles établies.

La suspension conservatoire de la directrice générale de la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), Nadine Christelle Koye, intervenue le 6 octobre 2025 par décision du président du conseil d’administration (PCA), Alain Claude Kouakoua, a créé un séisme administratif. Une mesure justifiée selon plusieurs sources internes qui dénoncent une série de dérives, d'abus et de mépris envers les règles établies.


« Cette suspension est fondée par les textes du décret 076. Le DG est recruté par appel à candidature, donc c’est bien le conseil d’administration qui est son supérieur hiérarchique. Le ministre, lui, n’est qu’autorité de tutelle »


explique un cadre de la CNAMGS, témoin privilégié des derniers évènements.


 


Selon le décret n°0076/PR/MAS (articles 26 à 33), le conseil d’administration est chargé de contrôler la gestion de la caisse


Au cœur des récents troubles au sein de la CNAMGS, le président du conseil d’administration (PCA) dispose de solides fondements juridiques pour agir face aux dysfonctionnements signalés  Selon le décret n°0076/PR/MAS, notamment ses articles 26 à 33, le conseil d’administration est chargé de contrôler la gestion de la caisse, tandis que le PCA veille à la bonne exécution des décisions et à la protection du patrimoine matériel et moral de l’institution.


En cas de crise, le PCA peut même prendre des mesures conservatoires, prévues à l’article 20 du même décret, dans l’attente d’une réunion officielle du conseil. Cette disposition est particulièrement pertinente au regard des faits graves évoqués dans la lettre de suspension — dysfonctionnements, gestion irrégulière, tensions internes — qui justifient selon lui une intervention rapide pour sauvegarder les intérêts de la CNAMGS.


Par ailleurs, la directrice générale (DG) se trouve dans l’obligation d’un devoir de réserve. Sa récente prise de parole publique, en réponse à cette crise, soulève des questions sur le respect du secret professionnel et de la loyauté administrative, fragilisant encore davantage la situation institutionnelle.


Dans ce contexte tendu, le cadre juridique donne au PCA une légitimité forte pour agir, au nom de la stabilité et de la protection de la caisse, malgré les polémiques qui enflent autour de sa suspension.


Depuis plusieurs mois, Nadine Christelle Koye n'était plus en odeur de sainteté auprès des administrateurs. En violation flagrante des règles de gouvernance, elle aurait refusé de justifier des dépenses importantes, ignoré les convocations du PCA, et manipulé des collaborateurs à des fins personnelles. Le tout, dans un climat de méfiance et d’opacité budgétaire.


« Le PCA a adressé plus de vingt courriers pour interpeller le DG sur la gestion financière. Mais elle n’en faisait qu’à sa tête, se sentant protégée par des appuis politiques »


poursuit notre source.


 


Un dépassement de plus de 500 millions, sans aucun justificatif fourni


Un exemple frappant est celui de la caravane médicale, financée initialement à hauteur de 500 millions FCFA. Résultat : un dépassement de plus de 500 millions, sans aucun justificatif fourni. Le conseil a demandé des explications. La directrice a opposé un refus clair, allant jusqu’à interdire à certains directeurs d’assister à une réunion officielle.


« Elle a appelé ses fidèles pour leur dire de boycotter la réunion convoquée par le PCA. Elle a même refusé de s’y présenter. C’est une entorse grave aux textes et un acte de défiance inacceptable»


Face à ces comportements en délicatesse avec la loi, le PCA s’est saisi de ses prérogatives pour prononcer la suspension. Cette décision, selon les administrateurs, était devenue inévitable.


« Le PCA est venu avec toutes les preuves, les documents, les dépenses non justifiées, les budgets fictifs. Même pour des missions à Libreville, elle faisait payer des frais comme si c'était à l'étranger. C’est de la malhonnêteté »


La gestion de la CNAMGS sous Nadine Christelle Koye ternit l’image de cette institution censée assurer la protection sociale des Gabonais. Les prestataires ne sont pas payés, les pharmacies sont en souffrance, les hôpitaux crient à l’abandon, pendant que des primes douteuses sont réclamées.


 


Tant que les hôpitaux et pharmacies ne sont pas payés, aucune prime ne sera débloquée


« Elle demande qu’on paie des primes trimestrielles, mais refuse de prouver que la CNAMGS n’est pas en difficulté. Le PCA a été clair : tant que les hôpitaux et pharmacies ne sont pas payés, aucune prime ne sera débloquée »


En toile de fond, le rôle trouble de certains syndicats est également dénoncé. Pour le cadre interrogé, ces syndicats seraient instrumentalisés par la directrice suspendue pour défendre des intérêts personnels.


« Les syndicats ne dénoncent rien. Pourtant, ils voient tout. Ce sont les mêmes qu’elle a nommés. Elle leur promet des postes, des avantages. Ce ne sont plus des syndicalistes, ce sont ses agents de propagande »


L’un des éléments les plus controversés concerne une mission en Turquie, où le prestataire à contrôler était le même qui organisait le voyage et prenait en charge la délégation gabonaise. Une opération aux allures de mascarade, qui a fini par éclabousser la direction générale.


« C’est le prestataire qu’on est censé contrôler qui prend en charge la mission ! On se moque de qui ? Le PCA a posé la question à haute voix : comment est-ce possible ? »


La situation est d’autant plus tendue que Nadine Christelle Koye aurait tenté d’imposer ses propres collaborateurs, sans respect des procédures légales de nomination, allant jusqu’à ignorer le rôle du conseil d’administration.


« Elle croit que la CNAMGS est son bien personnel. Elle ne veut travailler qu’avec ceux qu’elle a choisis. Mais ce n’est pas comme ça que fonctionne une institution publique. Le conseil a son mot à dire sur les nominations »


Alors que le conseil d’administration doit se réunir cette semaine pour entériner la suspension, les langues se délient. Un climat de tension entoure la CNAMGS, avec une population qui en pâti, des services ralentis, et une identité institutionnelle écornée.


 


« Le PCA, au moins, lui, ne prend pas un franc de la CNAMGS»


« Le PCA n’a pas été passionné dans sa décision. Il a simplement respecté les textes. Et au moins, lui, ne prend pas un franc de la CNAMGS. Il faut le reconnaître : il est resté intègre jusqu’au bout. »


Dans cette affaire où les usurpations de responsabilités, manipulations et dérives budgétaires sont mises à nu, une chose est sûre : la CNAMGS traverse une crise profonde, révélatrice d’un système tissé de mauvais coton, où l’appât du gain et le mépris des règles prennent parfois le pas sur l’intérêt général. La justice administrative et les autorités devront désormais trancher.


 


 

Par Pamphile EBO

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