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PLUS DE 100 SIÈGES POUR L’UDB

PLUS DE 100 SIÈGES POUR L’UDB
L'UDB signe un véritable carton plein lors des élections législatives dont le second tour s’est tenu samedi 11 octobre 2025.

L’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) signe un véritable carton plein lors des élections législatives dont le second tour s’est tenu samedi 11 octobre 2025. Avec 55 sièges déjà conquis au premier tour, le parti a remporté 54 des 77 sièges encore en ballotage, portant son total à 109 députés sur 145 au sein de la première Assemblée nationale de la Ve République. Cette moisson impressionnante fait forte impression et traduit une nouvelle donne politique qui fait table rase du passé. L’UDB, emmenée par une stratégie efficace et un jeu d’alliances habile, se positionne clairement comme le grand vainqueur de ce scrutin, reléguant les autres partis au second plan. Le parti est désormais la force incontournable de l’hémicycle et détient les leviers essentiels pour impulser les réformes promises. Ce carton plein traduit aussi une confiance renouvelée des électeurs en un projet politique dynamique, capable de redresser la barre après des années en dents de scie pour certains acteurs historiques.


Pour le Parti démocratique gabonais (PDG), ancien pilier du paysage politique national, cette élection est une véritable bérézina. Alignant 145 candidats sur 145 sièges, le parti historique boit le calice jusqu’à la lie en se retrouvant avec seulement 15 sièges, dont 11 remportés au second tour. Malgré la situation difficile, le PDG parvient à sauver les meubles in extremis en constituant un groupe parlementaire. Ce résultat, loin des ambitions initiales, place le parti dans une position de second couteau, contraint de repenser son rôle dans cette nouvelle configuration. Si certains visages connus, tels Kalima, Mboumbou Miyakou ou Roboty Mbou, sauvent leur fauteuil, la majorité voit sa représentation fondre comme neige au soleil. Le PDG devra désormais faire preuve de lucidité pour éviter de sombrer davantage et peut-être envisager un pacte non écrit avec d’autres forces politiques.


Le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM), avec ses trois élus dont deux à Libreville, s’impose comme la troisième force politique dans cette Assemblée. Le petit poucet réussit à tirer son épingle du jeu, se rattrapant après une présence souvent discrète. Son succès traduit une certaine attente de renouvellement au sein de l’électorat, sensible à des alternatives aux deux mastodontes UDB et PDG.


L’Union nationale (UN) engrange deux sièges, dont celui du deuxième arrondissement d’Akanda avec Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. Les Sociaux-démocrates Gabonais (SDG), également avec deux élus, enregistrent une belle victoire à Tchibanga face à l’UDB et à l’ancien ministre Jean-Pierre Doukaga Kassa. Ces résultats, bien que modestes, permettent à ces formations de ne pas être marginalisées dans cette nouvelle Assemblée.


L’émergence de nouvelles forces politiques constitue une des surprises majeures de cette élection. Le Rassemblement pour la nouvelle République (RNR), lancé il y a à peine un mois par Jean Ping dans l’Ogooué-Maritime, décroche un siège, faisant ainsi mouche pour sa première participation électorale. De même, l’Union pour la République (UPR) de Gervais Oniane et le Front Démocratique Socialiste (FDS) d’Anges Kevin Nzigou remportent chacun un siège. Ce dernier réussit son pari malgré un revers lors des élections locales. Le Bloc Démocratique chrétien (BDC) d’Anna Claudine Ayo Mavioga remporte également un siège, signe d’une nouvelle configuration parlementaire.


“Ces résultats législatifs ouvrent une nouvelle page dans la vie politique gabonaise. La nette victoire de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) illustre une volonté de renouveau et un réel désir de changement au sein de la population. L’émergence de nouvelles forces politiques, telles que le Rassemblement pour la nouvelle République (RNR), montre une diversification démocratique encourageante. Cependant, cette configuration appelle à une vigilance constante quant à la consolidation des institutions et au respect des principes démocratiques pour garantir un véritable pluralisme politique dans la Ve République gabonaise”


commente un enseignant de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Omar Bongo (UOB). 


Les indépendants, quant à eux, brillent par leur présence dispersée avec sept sièges. Lawson James (Akanda), Oliva Mondjo (Ntoum), David Dieudonné Labaye (Boumi-Louétsi), Augustin Yembi (Lombo-Bouenguidi), Eric Emane (Port-Gentil) et René Guibouanga (Etimboué) représentent une diversité de voix qui pourraient jouer un rôle de faiseurs de rois dans les futures négociations. À noter que six sièges restent encore à pourvoir, et le 18 octobre verra s’affronter les derniers candidats dans un combat épique.


Enfin, la grande déception est venue du Centre des Libéraux Réformateurs (CLR) de Jean-Boniface Assélé Dabani. Présent à l’Assemblée nationale depuis 1996, le CLR disparaît complètement des bancs du Parlement. Ce grand perdant de la cuvée 2025 se retrouve en chute libre, sans aucun élu ni au niveau national, ni local, ce qui signe la fin d’une ère. La "Maison Assélé" semble boire le calice jusqu’à la lie, incapable de redresser la barre face à la montée en puissance des nouvelles forces politiques. Cette nouvelle Assemblée, avec 145 sièges dont 2 pour la diaspora gabonaise, reflète désormais un paysage politique profondément transformé. Le scrutin a consacré une nouvelle donne, un changement de paradigme incarné par l’UDB.


 

Par Pamphile EBO

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