VIOLENCES ET DESTRUCTIONS
Au Cameroun, la tension reste intense au lendemain de la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Le lundi 27 octobre, le Conseil constitutionnel a déclaré Paul Biya vainqueur du scrutin avec 53,66 % des suffrages. Mais son principal adversaire, Issa Tchiroma Bakary, conteste vigoureusement ces résultats, s’autoproclamant vainqueur et appelant ses partisans à
« défendre leur victoire »
Dans plusieurs villes du pays, cette proclamation officielle a mis le feu aux poudres. Des manifestations ont éclaté dans la foulée. À Douala, des affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux partisans de l’opposition. Des barricades ont été érigées dans certains quartiers avant d’être démantelées par les forces de sécurité. Des scènes similaires ont été rapportées à Garoua et à Yaoundé, où un important dispositif sécuritaire reste déployé. Si le calme semble partiellement revenu à Garoua ce mardi 28 octobre, la situation demeure électrique dans d’autres localités.
Plusieurs édifices publics ont été réduits en cendres
Selon le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, le bilan matériel est lourd. Lors d’une conférence de presse, il a dénoncé
« des actes de vandalisme et de destruction à grande échelle »
Plusieurs édifices publics auraient été incendiés. Les sous-préfectures de Bandja, Ngong, Figuil et Tcheboua, le parquet de Guider, le palais de Dschang, la mairie de Manjou, ainsi que la brigade de gendarmerie de Ngong ont été réduits en cendres. À Douala, des commerces et des bâtiments administratifs ont également été saccagés.
Des morts et des blessés parmi les forces de sécurité
Les manitestations ont sanglantes. Le ministre a reconnu qu’il y avait eu des morts et des blessés parmi les forces de sécurité, sans toutefois fournir de chiffres précis.
« Certains assaillants ont perdu la vie et plusieurs éléments de nos forces de l’ordre ont été grièvement blessés »
a-t-il déclaré. Dans plusieurs villes, de nombreux commerces et établissements scolaires restaient fermés ce mardi, paralysant partiellement l’activité économique.
Pour le gouvernement, la responsabilité de ces violences incombe à Issa Tchiroma Bakary. Paul Atanga Nji l’accuse d’avoir
« incité ses partisans à l’insurrection »
et de s’être rendu coupable de
« plusieurs infractions prévues par la loi »
Le ministre a qualifié l’opposant de « mauvais perdant » et promis des sanctions sévères.
« Des arrestations ont déjà eu lieu, d’autres suivront, et les auteurs répondront de leurs actes devant la justice »
a-t-il averti.
Alors que la contestation enfle et que le pays reste sous haute tension, le Cameroun semble s’enfoncer dans une nouvelle crise politique aux conséquences encore imprévisibles.