tvplusafrique

Fait divers

TUENT TRAGIQUEMENT DEUX VILLAGEOIS

TUENT TRAGIQUEMENT DEUX VILLAGEOIS
Un nouveau drame vient une fois de plus endeuiller le village de Ngouloumiogou, dans le canton Lagune Ngowé, département d’Étimboué.

Un nouveau drame vient une fois de plus endeuiller le village de Ngouloumiogou, dans le canton Lagune Ngowé, département d’Étimboué, dans la province de l'Ogooué-Maritime. Dans la nuit d'hier, alors que les habitants tentaient de sécuriser leurs plantations par l’installation de dispositifs lumineux improvisés, des éléphants, revenus après avoir dévasté les champs la veille, ont brusquement surgis. Pris au dépourvu et incapables de fuir face à la charge soudaine des pachydermes, deux hommes, connus sous les noms de Rambo et Bèb, ont perdu la vie. Ces figures respectées et appréciées laissent derrière elles des familles brisées, mais aussi un village meurtri, une fois encore confronté à la brutalité d’une cohabitation devenue intenable, rapporte le site internet OMI.


 


La population est abandonnée face à la faune


Depuis des années, les habitants de Ngouloumiogou dénoncent l’absence de mesures concrètes pour les protéger, malgré leur proximité avec une zone protégée et des terres agricoles particulièrement vulnérables. Les cultures sont régulièrement ravagées, compromettant la sécurité alimentaire, tandis que les nuits sont synonymes de peur permanente. Le village porte encore les stigmates d’un choc passé : l’enlèvement d’une fillette de moins de cinq ans par un gorille. Bien qu’elle ait survécu, elle ne voit désormais que d’un œil, faute d’un suivi médical adapté. Une injustice d’autant plus révoltante que l’observation touristique de ces mêmes gorilles est facturée à 300 000 FCFA de l’heure, alors que les populations locales ne bénéficient ni de protections ni de compensations.


 


“J’en appelle aux autorités compétentes pour renforcer les mesures de prévention et de sécurité”


Face au drame, Patrick Barbera Isaac, ministre du Travail, du Plein Emploi et du Dialogue Social, et natif de la province, a exprimé une profonde émotion :
« C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le drame survenu aux alentours de 19h00 près de la lagune Iguéla… Je présente mes condoléances les plus sincères aux familles… J’en appelle aux autorités compétentes pour renforcer les mesures de prévention et de sécurité afin que de telles tragédies ne se reproduisent plus. Puissions-nous œuvrer ensemble à une coexistence apaisée et sécurisée entre nos populations et la faune sauvage »


 


Il a annoncé l’envoi imminent d’une délégation composée d’experts de l’environnement


Le sénateur national d’Étimboué, Georges Mpaga, également PCA du ROLBG (Réseau des Organisations Libres de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance au Gabon), a lui aussi réagi avec gravité. Il a présenté ses condoléances et rappelé son engagement constant face à la dégradation du conflit Homme–Faune. Il a annoncé l’envoi imminent d’une délégation composée d’experts de l’environnement et de représentants étatiques afin de proposer des solutions concrètes, protéger les populations, sécuriser les zones agricoles et renforcer l’accompagnement des communautés.


 


Ils réclament une action durable, capable de restaurer la sécurité


Les habitants espèrent désormais que ce drame deviendra un électrochoc. Ils réclament une action durable, capable de restaurer la sécurité, de relancer la vie agricole et d’encourager le retour des jeunes vers leurs villages ancestraux. Leur cri de détresse: il est temps que le conflit Homme–Faune cesse de faire des morts.

Par Pamphile EBO

Top Articles