DETTE : LE RAPPORT BLOOMBERG CONTRASTE AVEC LA STRATÉGIE FINANCIÈRE DU GABON
L’agence met en avant un accès coûteux aux marchés, un spread dépassant les 1 000 points de base et des risques accrus de tension financière. Toutefois, plusieurs éléments concrets avancés par les autorités gabonaises viennent nuancer, voire contredire, cette lecture.
Selon les données de la Direction générale de la dette, le Gabon a remboursé plus de 1 000 milliards de FCFA entre janvier et juin 2025, dont 411,63 milliards pour la dette extérieure. À cela s’ajoute le règlement intégral, en mars 2025, des 17,9 milliards de FCFA dus à la Banque mondiale. Ce rythme de remboursement soutenu place le pays parmi les États africains honorant régulièrement leurs échéances.
En parallèle, le Gabon poursuit une stratégie de stabilisation via des outils de gestion active : un swap de dette régionalede plus de 590 milliards de FCFA a permis d’allonger les maturités et de réduire la pression immédiate sur la trésorerie. Ces mesures s’intègrent dans une volonté affichée de réduire la dépendance aux emprunts extérieurs et de privilégier le marché intérieur.
Fait notable : le rapport de Bloomberg intervient juste après que le Gabon a refusé un programme de financement du FMI. Le pays a opté pour une simple assistance technique, estimant ne pas nécessiter de soutien budgétaire contraignant. Or, traditionnellement, les marchés voient d’un bon œil l’entrée d’un pays dans un programme FMI, ce qui peut expliquer une partie du scepticisme reflété par Bloomberg.
Ce contraste met en lumière un décalage entre la perception internationale d’un risque élevé et les mesures concrètes prises par le Gabon pour rembourser, restructurer et assainir sa dette. Le défi sera désormais d’aligner ces perceptions sur les résultats observables.