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HOMOLOGATION DES PESTICIDES EN AFRIQUE CENTRALE

HOMOLOGATION DES PESTICIDES EN AFRIQUE CENTRALE
Libreville abrite depuis ce mardi 18 novembre la 7e session ordinaire d’homologation commune des pesticides en Afrique centrale

Libreville abrite depuis ce mardi 18 novembre la 7e session ordinaire d’homologation commune des pesticides en Afrique centrale. Une rencontre stratégique qui réunit pendant trois jours les représentants des États de la sous-région, des experts techniques et des acteurs du secteur agricole. L’objectif est de minimiser les risques liés à l’utilisation des pesticides afin de garantir aux populations des aliments sains, cultivés avec des produits certifiés et sécurisés.


Au cours de cette session, les participants ont passé au crible les normes existantes, le renforcement des contrôles et la promotion de pratiques agricoles plus sûres pour l’homme et l’environnement. Les autorités locales ont mis en exergue l’importance de cette rencontre. Elles ont souligné que l’agriculture représente jusqu’à 20 % du PIB de l’Afrique centrale mais demeure encore en panne de développement malgré les immenses potentialités de la région. Une nouvelle donne est donc nécessaire pour inverser la tendance.


 


Mettre en place une stratégie commune contre les pesticides contrefaits


Les travaux permettront également de renforcer les capacités des États, de partager des données scientifiques et de mettre en place une stratégie commune contre les pesticides contrefaits, un fléau encore très présent sur de nombreux marchés africains. Pour y parvenir, les experts sont appelés à examiner 53 dossiers de demandes d’homologation, chacun devant apporter la preuve scientifique que le produit contribue efficacement aux objectifs fixés sans présenter de risques inacceptables. Une manière pour les États de prendre le taureau par les cornes et de tordre le cou aux dérives liées à l’utilisation inadéquate des intrants agricoles.


La participation du Gabon revêt un intérêt particulier. Elle permettra au pays d’assurer une alimentation équilibrée à ses citoyens tout en facilitant l’accès à des produits fiables pour les agriculteurs. La commune d’Akanda, qui accueille les travaux, s’est dite satisfaite de recevoir cette rencontre de haut niveau et espère des résolutions “à même d’apporter des solutions durables à un fléau qui porte des atteintes graves à la santé des populations”.


 


Des produits illicites menacent la sécurité alimentaire de près de 55 millions d’habitants de la zone CEMAC


Alors que les aléas climatiques, les insectes ravageurs et les organismes nuisibles causent chaque année plus de 40 % de pertes de récolte, les pesticides homologués jouent un rôle essentiel dans la sécurisation de la production alimentaire. Encore faut-il éviter les produits illicites qui menacent la sécurité alimentaire de près de 55 millions d’habitants de la zone CEMAC. D’où la nécessité d’une gestion rationnelle des pesticides, devenue une exigence qualitative dans l’espace sous-régional.


Face à ces défis, la CEMAC entend renforcer sa stratégie d’import-substitution. Le Gabon, par exemple, a déjà pris une entorse majeure aux pratiques antérieures en décidant d’interdire l’importation du poulet de chair à compter du 1er janvier 2027, une mesure destinée à stimuler la production locale et à développer la filière aliment de bétail. Cela implique la disponibilité d’un terrain agricole de qualité, notamment en pesticides et engrais homologués.


Au terme de ces 72 heures de conclave, les 52 dossiers examinés devraient recevoir, pour certains, un feu vert qui pourrait ouvrir la voie à une issue favorable pour la sécurité alimentaire et environnementale de la sous-région de l’Afrique centrale.

Par Pamphile EBO

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