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LE GABON VEUT REBÂTIR UNE COOPÉRATION FONDÉE SUR LA CONFIANCE

LE GABON VEUT REBÂTIR UNE COOPÉRATION FONDÉE SUR LA CONFIANCE
Une visite officielle qui tient en haleine la scène politique gabonaise.

Libreville se prépare à recevoir Emmanuel Macron du 23 au 24 novembre 2025, une visite officielle qui tient en haleine la scène politique gabonaise. C’est la première fois que le président français reviendra au Gabon depuis la transition d’août 2023, un moment qui a marqué une nouvelle donne dans les relations du pays avec ses partenaires. 


Une visite très attendue à Libreville


Pour les autorités gabonaises, cette visite n’est pas seulement protocolaire : elle représente un test de maturité diplomatique et une occasion de revisiter un partenariat souvent jugé trop dépendant des logiques anciennes. Le Gabon veut avancer avec confiance dans ce dialogue renouvelé.


Un partenariat à redéfinir


Le cœur de cette visite devrait porter sur la redéfinition des relations franco-gabonaises, longtemps organisées autour d’équilibres hérités du passé. Aujourd’hui, Libreville veut reprendre la main et mettre au centre la souveraineté nationale, un principe défendu par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le chef de l’État souhaite bâtir un partenariat moderne, fondé sur l’égalité, la transparence et la recherche de résultats concrets. Les autorités gabonaises réclament désormais des engagements clairs, mesurables et adaptés aux priorités du pays. Pour beaucoup d’observateurs, cette visite pourrait poser les bases de la consolidation d’une coopération plus équilibrée.


Des enjeux économiques stratégiques


Sur le terrain économique, plusieurs accords bilatéraux pourraient être discutés ou signés, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’éducation. Le Gabon cherche à transformer localement ses ressources, à renforcer son indépendance énergétique et à attirer des investissements capables d’impulser un développement durable. Le pays voit dans cette rencontre une chance de mieux valoriser son “or vert”, notamment grâce à ses ressources forestières et à la gestion de son territoire. Pour la France, cette visite est l’occasion de rester présente dans une région où la concurrence internationale gagne du terrain et où chaque pays cherche à rebattre la carte des alliances.


L’environnement au cœur des discussions


À l’approche de la COP30 au Brésil, l’environnement devrait occuper une place importante dans les échanges entre les deux présidents. Le Gabon est reconnu comme un modèle en matière de préservation de la biodiversité, et souhaite rappeler que la protection des forêts du bassin du Congo ne peut reposer uniquement sur les pays africains. Cette visite est donc un moment clé pour discuter du financement climatique, de la valorisation du capital naturel et des dispositifs liés à la compensation carbone. Libreville veut passer d’une simple logique déclarative à une démarche orientée vers des résultats mesurables, ce qui serait perçu comme un vrai succès diplomatique.


Une coopération sécuritaire à revisiter


La sécurité devrait également faire partie des sujets essentiels. La France et le Gabon pourraient réexaminer leur coopération militaire pour l’adapter aux réalités actuelles du continent. Entre la piraterie dans le golfe de Guinée, les tensions régionales et les réseaux criminels transfrontaliers, les défis sont nombreux. Libreville, qui reste un acteur important de la stabilité en Afrique centrale, souhaite jouer un rôle accru tout en défendant son principe de souveraineté stratégique. Pour Paris, cette visite est l’occasion de maintenir un ancrage fiable dans une zone où son influence s’est fragilisée ces dernières années.


Un moment de vérité pour les deux pays


En recevant Emmanuel Macron, le président Oligui Nguema veut montrer que le Gabon reste ouvert à la coopération, mais sur des bases nouvelles et respectueuses de ses ambitions. Il ne s’agit pas de rompre avec les partenaires historiques, mais d’exiger que les accords reflètent désormais la vision d’un État moderne, fort et respecté. Les 23 et 24 novembre pourraient donc devenir un moment de vérité pour mesurer la capacité des deux pays à écrire une page débarrassée des réflexes du passé. Une page tournée vers une coopération fondée sur la réciprocité, l’efficacité et les résultats.

Par Pamphile EBO

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