L’USAGE DU TITRE “MAÎTRE”
La tension monte entre l’Ordre des avocats et le conseil juridique Marlène Fabienne Essola Efountame. En cause : la manière dont elle s’est présentée comme « Maître » le 27 novembre lors d’une rencontre où elle intervenait en tant que conseil juridique des sociétés Satram et EGCA. Cet usage du titre a conduit l’Ordre à lui adresser une demande d’information par voie d’huissier.
Dans son courrier, l’Ordre affirme : « Cette appellation étant réglementée en République gabonaise et réservée à quelques professionnels spécifiques, je vous prie de bien vouloir nous indiquer en quelle qualité vous avez fait usage de ce titre ».
Une interpellation qui n’a manifestement pas été bien accueillie par Essola Efountame. Pour répondre, elle a réuni du beau monde afin d’expliquer le statut du conseil juridique, une profession exercée par des diplômés en droit et encadrée par une loi de 1998. Elle soutient que l’Ordre des avocats outrepasse ses prérogatives, rappelant que sa profession dépend exclusivement du ministère de la Justice.
Face aux journalistes, elle a déclaré : « Votre courrier est juridiquement caduc. C’est un excès de pouvoir manifeste ». Elle a ensuite ajouté : « le titre de “Maître” n’est pas votre propriété. C’est un titre d’usage. Nul n’a le droit au Gabon d’établir un monopole sur la courtoisie professionnelle ».
Estimant que la démarche de l’Ordre n’a aucune base légale, elle l’a invité à saisir le ministère de la Justice, « autorité compétente pour interpréter et appliquer le texte qui nous régit ».
Privilégiant désormais les voies administratives, Marlène Fabienne Essola Efountame dit espérer que le ministère saura rappeler les règles et, selon ses mots, « remettre de l’ordre dans ce désordre ».