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DÉTOURNEMENTS DE FONDS PUBLICS

DÉTOURNEMENTS DE FONDS PUBLICS
Pourtant, derrière ce discours officiel se cache une réalité bien moins reluisante.

Le Parlement gabonais a adopté, la semaine dernière, le projet de loi de finances (PLF) 2026, présenté comme un budget « ambitieux, transparent et responsable ». Le texte, approuvé à l’unanimité par le Sénat après adoption par l’Assemblée nationale, repose sur une vision clairvoyante : accélérer la transformation économique du pays, moderniser les infrastructures et stimuler l’investissement à hauteur de plus de 6 600 milliards de francs CFA. Selon le gouvernement, le budget s’appuie sur des principes de discipline, de prudence et de transparence, avec un financement structurant de projets prioritaires dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie, du tourisme et de l’agroalimentaire.


Pourtant, derrière ce discours officiel se cache une réalité bien moins reluisante. Depuis plusieurs années, le Gabon est secoué par des détournements massifs de deniers publics, touchant des secteurs clés comme le tourisme, les travaux publics et les infrastructures. L'année 2025 n'a pas dérogé à la règle. Les détournements de deniers vont se poursuivre en 2026 à un rythme soutenu. Près de 10 milliards de francs CFA mobilisés pour la relance du tourisme ont disparu, sans que les projets annoncés — lodges, acquisitions d’hôtels ou formations — ne voient le jour. Dans les travaux publics et les infrastructures, des sommes indûment perçues pour faciliter l’attribution de marchés continuent de nourrir des scandales financiers.


Cette contradiction entre l’ambition du PLF 2026 et la réalité des malversations pose une question centrale : comment promouvoir un budget responsable et transparent lorsque des responsables publics continuent de profiter des fonds de l’État à des fins personnelles ? Les experts estiment que ces pratiques fragilisent la confiance des citoyens et des investisseurs, compromettant la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources pour la transformation économique.


Si le gouvernement met en avant un financement rigoureux et un alignement sur le projet de société du chef de l’État, le fossé entre discours et actes demeure préoccupant. Les autorités judiciaires, veulent bien s'engager dans une politique de « tolérance zéro », et sanctionner certains responsables impliqués dans ces affaires, en vue de moraliser la gestion publique. Mais elles n'y arrivent pas.


Le défi reste donc entier : transformer le Gabon sans que les détournements n'entravent les investissements, la modernisation et le développement durable du pays. Pour que le PLF 2026 devienne plus qu’un simple énoncé ambitieux, la transparence et la reddition de comptes devront cesser d’être des principes théoriques pour devenir des pratiques effectives. 


 

Par Pamphile EBO

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