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QUEL SORT ?

QUEL SORT ?
Les Gabonais attendent que la main de fer s’applique aux détourneurs de deniers publics, que la loi soit appliquée.

Au Gabon, l’émergence de plusieurs scandales financiers récents rappelle avec brutalité que la question de la gestion des deniers publics reste plus que jamais d’actualité. Entre les près de 10 milliards de francs CFA mobilisés pour relancer le tourisme et dont la trace se perd dans des projets jamais réalisés, et l’affaire d’un conseiller spécial du président impliqué dans des commissions occultes avec des entreprises étrangères, le constat est évident : certains responsables publics ont choisi de trahir la confiance des citoyens.


Face à ces pratiques, deux visions s’opposent. Certains prônent la clémence, estimant que pousser les auteurs à rembourser les sommes volées suffirait, évitant ainsi la prison. Mais dans un contexte où la tolérance zéro est désormais la règle, cette approche paraît insuffisante. Les Gabonais attendent que la main de fer s’applique aux détourneurs de deniers publics, que la loi soit appliquée dans son intégralité et que les responsables soient jetés en prison lorsque les preuves sont établies. Les simples « caresser dans le sens du poil » ou laisser filer des auteurs sous prétexte de leur statut ou parce que ce sont des proches, des aînés ou des gens de la famille, ne ferait qu’encourager de nouvelles dérives.


L’enjeu dépasse la sanction individuelle. Il s’agit de protéger un budget conçu pour soutenir la transformation du pays tout en garantissant un financement responsable. Les infrastructures, l’éducation, la santé, l’énergie ou encore l’agro-industrie ne peuvent se développer que si les fonds alloués sont réellement utilisés à ces fins. Chaque franc détourné affaiblit la croissance économique projetée à 6,5 % et ralentit les projets structurants portés par le gouvernement.


La répression et le recouvrement des fonds ne sont pas des fins en soi, mais des instruments de moralisation de la vie publique. Ceux qui abusent de leur position ne doivent ni profiter de l’impunité ni se croire au-dessus des lois. Appliquer la loi dans son intégralité, exiger la restitution des fonds et, lorsque nécessaire, jeter en prison les responsables, constitue la seule manière de restaurer la confiance et de transformer les ambitions budgétaires en réalités tangibles.


Il est urgent que le Gabon affirme sa détermination : détourner l’argent public n’est plus une option qui doit être tolérée. La justice doit frapper fort, pour que les actes de corruption deviennent des exceptions punies.


 


 


 

Par Pamphile EBO

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