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PLUS DE 880 000 GABONAIS

PLUS DE 880 000 GABONAIS
Plus d’un tiers des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté. 

Un paradoxe de richesse. Un pays pétrolier incapable de nourrir toute sa population. Malgré ses trésors naturels, pétrole, bois, manganèse, le Gabon peine à transformer cette abondance en sécurité alimentaire pour l’ensemble de ses habitants. Avec un taux de pauvreté monétaire de 34,6 % en 2024, d’après la Banque mondiale, plus d’un tiers des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté. 


Sur la base d’une population estimée à environ 2 538 952 habitants en 2024. Cela représenterait 880 000 personnes (34,6 % de 2,54 millions) vivant avec moins de 6,85 US $/jour (soit 3 884 francs CFA/jour, parité de pouvoir d’achat (PPA) 2017). Ce seuil, à lui seul, ne dit pas directement combien n’ont pas trois repas par jour. Mais il donne une idée de l’ampleur du défi socio-économique.


Le Gabon est un pays doté de ressources naturelles considérables. Le pétrole, les forêts (bois) et le manganèse donnent au pays un potentiel de richesse qui fait pâlir d'envie. Pourtant, cette richesse est très abstraite. Elle ne profite pas à l’ensemble des populations. Dans les zones rurales ou dans les quartiers sous-intégrés de Libreville, Port-Gentil, Franceville, Oyem, Makokou, dépréciation des revenus, infrastructures insuffisantes et coût de la vie élevé compliquent l’accès régulier à la nourriture.


Ainsi, l’image d’un Gabon prospère, visible dans les revenus pétroliers, l’exploitation des ressources naturelles et les exportations, cohabite avec des foyers incapables d’assurer trois repas par jour. Ce contraste révèle une fracture entre richesse nationale et qualité de vie pour une part significative de la population.


Ce paradoxe met en relief l’échec d’une redistribution équitable des gains tirés des richesses du pays. À l’heure où certaines communes bénéficient d’infrastructures modernes, d’autres — souvent rurales — restent en marge, exclues de l’abondance nationale.


Si l’on devait formuler une estimation simplifiée — non scientifique, mais parlante — : 880 000 Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. Ce qui, dans un scénario très hypothétique, pourrait correspondre à autant de personnes risquant l’insécurité alimentaire ou la privation alimentaire.


Ce bilan singulier — richesse sur le papier, misère et faim à la maison — interpelle non seulement les décideurs politiques, mais aussi la société civile et les partenaires internationaux. Car pour que le Gabon ne soit plus cet « État riche trop pauvre pour nourrir ses enfants », il faudra travailler à convertir ses ressources naturelles en développement social durable et en sécurité alimentaire réelle.

Par Pamphile EBO

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