LAISSÉS À EUX-MÊMES
Une fois encore, un joueur gabonais se retrouve totalement livré à lui-même après une blessure contractée sous le maillot national. C’est le cas de Medwin Biteghe, milieu de terrain du Jeddah SC (D2, Arabie Saoudite), victime d’une rupture des ligaments croisés internes lors du match Gabon-Seychelles en mars 2025, comptant pour les éliminatoires du Mondial 2026.
Face à la douleur et à l’urgence médicale, Biteghe a dû se rendre à Doha, au Qatar, à Aspetar, un centre de référence en orthopédie et médecine du sport. L’opération, réalisée le 28 avril 2025, a coûté 20 millions de francs CFA — une somme entièrement financée par le joueur. La rééducation, elle aussi très coûteuse, a poussé Biteghe à mobiliser ses économies et même une prime récemment obtenue pour solder la seconde phase de soins. La troisième étape, nécessaire pour un retour optimal sur les terrains, représente encore 10 millions de francs CFA. « Je n’ai plus grand-chose. Que vais-je devenir ? » confie-t-il, au bord de l’abîme, exprimant un sentiment d’abandon total.
Le silence et la lenteur des autorités, de la FEGAFOOT, du ministère de la Jeunesse et des Sports et de l’Office national de développement des sports — chargé de soutenir la formation et l’élite sportive — ne font qu’accentuer ce calvaire. Le joueur espère une réaction rapide pour alléger son fardeau, mais le temps presse.
Cette situation n’est pas isolée. Yann Bidonga, Merlin Abdoulaye Tandjigora ou d’autres coéquipiers fortunés de la sélection nationale ont subi les affres d’un système défaillant, laissant les joueurs se débrouiller seuls face aux frais médicaux et à la rééducation. L’engrenage est cruel : un joueur blessé en mission pour le pays se retrouve financièrement et psychologiquement au bord de l’abîme, malgré ses sacrifices pour défendre les couleurs nationales.
Le cas de Medwin Biteghe met en lumière un problème structurel : l’absence d’un dispositif fiable pour protéger et soutenir les internationaux blessés en sélection. Au-delà de la récupération physique, c’est une question de dignité et de reconnaissance. Il est urgent que la FEGAFOOT et les autorités nationales prennent leurs responsabilités pour éviter que des talents, jeunes ou expérimentés, ne soient brisés par un système incapable de les protéger.