TFH ET SI LA TAXE D’HABITATION DEVENAIT UN LEVIER POUR FAIRE BAISSER LES LOYERS AU GABON ?
Dans plusieurs quartiers de Libreville, Owendo ou Akanda, les loyers dépassent largement les capacités réelles de la majorité des ménages. Un simple F3 peut atteindre 300 000 à 500 000 FCFA, alors que les revenus moyens ne suivent pas.
Résultat : un marché locatif tendu, avec très peu d’alternatives pour les familles.
Dans ce contexte, la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH), souvent perçue comme une simple contribution liée à l’habitation, pourrait en réalité avoir un effet indirect mais puissant sur l’évolution des loyers dans le pays à condition qu’elle soit utilisée comme prévu pour financer les logements sociaux.
Un marché sous tension, dominé par l’offre privée
Aujourd’hui, les bailleurs privés tiennent l’essentiel du parc locatif. L’offre est insuffisante, la demande reste forte, et ce déséquilibre permet de maintenir des prix élevés.
Les plaintes des Gabonais sur les loyers « trop chers », « déconnectés du niveau de vie » ou « impossibles à suivre » sont devenues courantes, notamment sur Facebook où les commentaires dénonçant ces dérives se multiplient.
L’effet TFH : créer de l’offre sociale pour forcer une baisse des loyers privés
Si la TFH est effectivement orientée vers la construction de logements sociaux, un changement profond pourrait s’opérer.
Logiquement, si l’État construit : un grand nombre de logements abordables, situés dans des zones viabilisées, bien entretenus et bien desservis, alors une partie des locataires actuels quittera le marché privé pour ces options plus accessibles.
Les bailleurs privés pourraient alors se retrouver avec des logements vacants. Face à ce risque, ils n’auraient plus le choix :
- baisser les loyers,
- aligner leurs prix sur des standards plus réalistes,
- réviser leurs exigences pour rester compétitifs.
C’est un mécanisme économique classique : quand l’offre sociale augmente, le privé finit par s’adapter.
Une mesure potentiellement structurante
Pour que la TFH devienne un véritable outil de pression à la baisse sur les loyers, deux conditions sont essentielles : que les recettes soient réellement affectées aux logements sociaux, que la construction soit menée à grande échelle, pas seulement symbolique.
Si ces conditions sont réunies, la TFH pourrait non seulement financer les infrastructures urbaines, mais aussi contribuer à corriger un marché locatif devenu trop coûteux pour une grande majorité de Gabonais.