ROUTES DÉGRADÉES DU MOYEN-OGOOUÉ
Les axes routiers Bifoun - Ndjolé et Bifoun - Lambaréné, situés dans la province du Moyen-Ogooué, sont aujourd’hui synonymes de souffrance pour les conducteurs, commerçants, familles et communautés locales. Leur état dégradé progressif transforme chaque déplacement en un parcours semé d’obstacles, de risques et de coûts supplémentaires. Malgré les déclarations tonitruantes des responsables, la réalité des usagers raconte une toute autre histoire.
Des trajets interminables pour un simple déplacement
Pour les habitants de cette région, le trajet entre Bifoun et Ndjolé, qui ne fait que 56 kilomètres, devient une épreuve d’endurance. La route, considérée par beaucoup comme une “route de l’enfer”, est jonchée de nids-de-poule, d’affaissements et d’obstacles qui ralentissent la circulation et multiplient les risques d’accidents.
Selon plusieurs conducteurs rencontrés, ce trajet peut durer entre trois et quatre heures, contre une heure ou deux normalement. “Je mets trois heures pour faire ce trajet, alors qu’avant je le faisais en une heure. Entre les crevasses, les véhicules qui tombent en panne, et les dangers, c’est un vrai calvaire,” témoigne Issa, chauffeur de taxi.
Les autobus, les camions de marchandises et même les véhicules légers peinent à franchir cette voie souvent impraticable. “Il y a des zones où on doit marcher à pied pour éviter d’endommager notre voiture ou de finir coincés dans la boue ou dans les trous,” ajoute Fatou, une commerçante locale.
Les coûts exorbitants pour un trajet chaotique
Ce délabrement a des conséquences économiques directes. Les coûts de transport ont explosé, impactant le prix des marchandises, le prix du trajet, mais aussi la vie quotidienne des populations. “Pour transporter mes produits de Bifoun à Ndjolé, je dépense deux fois plus qu’avant. Le carburant s’épuise rapidement, et la réparation de la voiture coûte cher,” explique Mohamed, un petit commerçant.
Les familles, souvent obligées de se rendre à l’hôpital ou chez le médecin, doivent aussi supporter ces coûts et ces délais. “J’ai dû attendre plusieurs heures pour un petit trajet, ce qui est inacceptable quand il s’agit d’aller à l’hôpital,” confie Marie, une mère de famille.
Les dangers quotidiens : un risque permanent
Au-delà des coûts, c’est la sécurité même des usagers qui est en jeu. Les routes dégradées sont source d’accidents fréquents, notamment à cause des véhicules qui glissent ou des piétons qui doivent se frayer un chemin au milieu du chaos.
“Une fois, j’ai failli tomber dans un trou lorsque je roulais de nuit. La route est tellement défoncée que c’est un vrai danger pour tous,” raconte Abdou, un chauffeur de camion. La nuit, la situation devient encore plus critique, car l’absence d’éclairage et l’état des routes augmentent encore davantage les risques.
Les témoignages : un cri d’alerte face à l’inaction
Les habitants, commerçants, artisans et familles racontent leur quotidien pour faire entendre leur voix. “On nous promet des travaux, mais rien ne change vraiment. On continue à subir cette situation qui met en danger nos vies et nos moyens de subsistance,” dénonce Aminata, une mère de famille.
Les images parlent d’elles-mêmes : des routes défoncées, des véhicules cabossés, des passagers obligés de descendre pour pousser ou contourner les obstacles. Ces témoignages illustrent la fracture entre la communication officielle, où l’on parle de “travaux d’urgence” ou de “programmes de traitement”, et la réalité palpable sur le terrain.
Une conséquence sociale et économique alarmante
L’impact de ces routes dégradées dépasse la simple gêne. La dégradation des axes Bifoun - Ndjolé et Bifoun - Lambaréné entrave le développement local, limite l’accès aux services de santé, freine le commerce et augmente la pauvreté. La population, déjà vulnérable, doit faire face à un véritable calvaire pour se déplacer, se soigner ou faire tourner son activité.
Les petites entreprises ferment, les étudiants ratent leurs cours, et les familles craignent chaque jour pour leur sécurité. “C’est un cercle vicieux : sans routes praticables, il n’y a pas de développement, et sans développement, la pauvreté s’aggrave,” résume un commerçant local.
**Une attente désespérée d’un changement réel**
Malgré les déclarations officielles, qui évoquent “des travaux d’urgence” et “des programmes de traitement”, la population attend surtout des actes concrets. Les promesses de réparations rapides restent sans lendemain, et chaque nouvelle saison des pluies ravive le cauchemar.
Le ministère des Travaux publics parle de “traitement des points critiques” et de “déploiement d’équipes”, mais pour les usagers, il s’agit surtout d’un discours vide de résultats tangibles. La frustration grandit, car chaque jour, ils continuent à subir les conséquences de l’inaction.
Le calvaire quotidien
Les axes dégradés du Moyen-Ogooué symbolisent bien la fracture entre discours et réalité. Pour les usagers, ce ne sont pas seulement des routes à réparer, mais leur vie quotidienne, leur sécurité, leur avenir. La promesse de “nouvelle facette” annoncée par le gouvernement ne saurait se substituer à des actions concrètes et visibles sur le terrain.
Leur calvaire quotidien rappelle que derrière chaque kilomètre de route dégradée, il y a des familles, des commerçants, des artisans, des patients, qui ont besoin d’un changement urgent, réel et humain. La patience a ses limites : la route ne doit plus être une source de danger et de pauvreté, mais un vecteur de développement et de mieux-être.