SITUATION ÉCONOMIQUE
Le Comité National Économique et Financier (CNEF) du Gabon a tenu sa troisième session ordinaire de l’année 2025. Cette importante réunion s’est déroulée sous la présidence de Monsieur Henri-Claude Oyima, Ministre d’État, Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère. Il est également le président statutaire du CNEF.
Cette rencontre a réuni tous les acteurs majeurs du système économique et financier du pays. Étaient présents notamment le Ministre des Mines et des Ressources géologiques, le Président de la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG), le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), ainsi que des représentants des banques, du marché financier, de la microfinance, des établissements de paiement et du secteur des assurances.
L’objectif principal de cette session était de faire un état des lieux de la situation économique, aussi bien au niveau international que national, et d’examiner les perspectives pour les années à venir.
Une analyse de la conjoncture économique mondiale
Au niveau international, le CNEF a constaté un ralentissement progressif de la croissance économique mondiale. Selon les estimations présentées, la croissance devrait atteindre 3,2 % en 2025, avant de légèrement baisser à 3,1 % en 2026. Cette tendance montre que l’économie mondiale continue de croître, mais à un rythme plus lent qu’auparavant.
L’inflation mondiale, c’est-à-dire la hausse générale des prix, est également en baisse. Elle est estimée à 3,2 % en 2025 et à 3,1 % en 2026. Cette évolution est perçue comme un signal plutôt positif, car une inflation trop élevée pèse sur le pouvoir d’achat des populations et complique les politiques économiques des États.
Ces chiffres traduisent une stabilisation progressive de l’économie mondiale après plusieurs années marquées par des crises, notamment sanitaires, géopolitiques et financières.
Une situation contrastée dans la zone CEMAC
Dans la zone CEMAC, qui regroupe plusieurs pays d’Afrique centrale dont le Gabon, le Comité a noté une croissance économique plus modérée. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimé à 2,4 % en 2025. Toutefois, une amélioration est attendue en 2026, avec une croissance prévue à 3,5 %.
Cette évolution est marquée par une baisse des activités pétrolières, un secteur historiquement important pour les économies de la sous-région. Malgré cette baisse, les autres secteurs économiques commencent progressivement à prendre le relais.
L’inflation dans la zone CEMAC reste maîtrisée. Elle est évaluée à 2,2 % en 2025 et à 2,7 % en 2026, des niveaux jugés acceptables par les autorités monétaires. De plus, le déficit budgétaire global des pays de la CEMAC continue de se réduire, passant à -1,4 % du PIB en 2025 et à -1 % en 2026.
Des réserves de change sous surveillance
Le Comité a également examiné la situation des réserves de change de la CEMAC. Celles-ci connaissent une légère baisse de 2,6 %. Malgré cela, le niveau reste satisfaisant et permet de garantir la stabilité de la monnaie.
Le taux de couverture extérieure de la monnaie, qui mesure la capacité de la zone à faire face à ses engagements extérieurs, est estimé à 67 % en 2025. Il pourrait même s’améliorer pour atteindre 72,4 % en 2026. Cette amélioration serait liée à une baisse des importations et à un ralentissement des sorties nettes de devises.
Le Gabon face à ses propres défis économiques
Sur le plan national, le Comité a pris acte de la récente décision de l’agence de notation Fitch Ratings concernant la note souveraine du Gabon. Celle-ci est passée de CCC- à CC. Cette dégradation reflète les défis financiers auxquels le pays est confronté, notamment en matière de dette et de financement.
Malgré cela, Fitch estime que la croissance économique du Gabon atteindra 3,5 % en 2025. Ce chiffre montre que l’économie nationale conserve un certain dynamisme, même dans un contexte difficile.
Le Comité a également analysé le cadrage macroéconomique 2025 ainsi que la Loi de Finances 2026, récemment adoptée par les deux chambres du Parlement.
Une inflation maîtrisée et une croissance attendue
Selon les projections officielles, l’inflation au Gabon est contenue à 2 % en 2025 et devrait rester en dessous de 3 % en 2026. Cette stabilité des prix est un élément important pour protéger le pouvoir d’achat des ménages.
La croissance économique est estimée à 3 % en 2025, avec une forte accélération attendue en 2026, où elle pourrait atteindre 6,5 %. Cette progression serait principalement portée par les secteurs hors pétrole, tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche, le bâtiment et les travaux publics, l’agro-industrie, les services, ainsi que l’industrie gazière.
En revanche, le secteur pétrolier continue de décliner, ce qui pousse le pays à renforcer sa stratégie de diversification économique.
Un État investisseur pour soutenir le développement
Le Comité a souligné que la croissance prévue pour 2026 repose en grande partie sur le rôle actif que souhaite jouer l’État. Celui-ci entend se positionner comme un investisseur stratégique, capable de stimuler l’économie et d’entraîner le secteur privé.
Le Budget de l’État pour 2026 est arrêté à 6 358 milliards de FCFA, en recettes comme en dépenses. Le Budget de Fonctionnement, qui s’élève à 4 221 milliards de FCFA, sera entièrement financé par les recettes propres de l’État.
Le Budget d’Investissement, quant à lui, est fixé à 2 137 milliards de FCFA. Il sera financé par des emprunts, dont 60 % en monnaie locale et 40 % en devises étrangères. Ces financements sont prévus à des taux concessionnels et avec des maturités favorables, afin de limiter les risques pour les finances publiques.
Des réformes financières en préparation
Enfin, le CNEF a examiné plusieurs dossiers jugés sensibles et prioritaires. Parmi eux figurent le développement inquiétant du marché illicite des devises au Gabon, la mise en place d’une Stratégie Nationale d’Inclusion Financière et la création d’un mécanisme de Médiation Financière Nationale.
Ces réformes visent à améliorer l’accès des populations aux services financiers, à renforcer la confiance dans le système bancaire et à mieux protéger les usagers.
À travers cette session, le Comité National Économique et Financier confirme ainsi sa volonté d’accompagner le Gabon vers une économie plus stable, plus diversifiée et plus inclusive.