DE LA CARRIÈRE AUX MUSÉES : LA PIERRE DE MBIGOU ENTRE PROTECTION, IDENTITÉ ET AVENIR
Extraite des régions de Kango, Lambaréné et Mbigou, la pierre une stéatite tendre se distingue par sa texture soyeuse et ses nuances délicates. Depuis des générations, elle nourrit l’imaginaire des sculpteurs gabonais, donnant naissance à des statuettes, masques et œuvres contemporaines qui circulent dans le monde entier.
Une Indication Géographique pour lutter contre la contrefaçon et l’exploitation sauvage
Le décret adopté par le Conseil des ministres marque une rupture : l’Indication Géographique (IG) instaure des règles claires pour encadrer l’extraction, assurer la traçabilité et préserver la ressource. Elle répond aux inquiétudes exprimées par les artisans face à la raréfaction de la pierre et aux pratiques anarchiques observées ces dernières années.
Valoriser la filière et créer des opportunités locales
Avec l’IG, la pierre de Mbigou peut désormais accéder à des labels de qualité, des marchés spécialisés et une montée en gamme des productions. La structuration de la filière promet des retombées concrètes : emplois dans l’extraction, la transformation, la création et la commercialisation, tout en renforçant le rôle des communautés locales.
Un symbole culturel sur la voie d’une reconnaissance internationale
Après le mvet inscrit à l’UNESCO, la pierre de Mbigou devrait s’inscrire dans le même élan de sauvegarde des expressions culturelles. Chaque sculpture raconte un fragment d’histoire : celle des montagnes Biroughou, de la mémoire collective et du lien intime entre la matière et la main de l’artisan.
Préserver aujourd’hui pour inspirer demain
En consacrant la pierre de Mbigou, le Gabon ne protège pas seulement une ressource : il affirme la valeur d’une culture vivante, capable de se réinventer tout en restant fidèle à ses racines et prête, peut-être, à rejoindre un jour le cercle des patrimoines de l’humanité.