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PROTÉGER CHAMPS ET SUBSISTANCE

PROTÉGER CHAMPS ET SUBSISTANCE
Au Gabon, l’ANPN installe des clôtures pour protéger champs et cultures des éléphants. Le Projet Éléphant favorise la coexistence homme-faune, sécurise les récoltes et soutient les communautés locales. 

En ce début d’année, l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) démarre 2026 en poursuivant ses actions concrètes sur le terrain. À travers le Projet Éléphant Gabon, l’agence déploie des solutions visant à réduire les conflits entre l’homme et l’éléphant, en particulier dans les villages riverains des parcs nationaux de Mwagna et de l’Ivindo. L’objectif est de sécuriser les cultures, protéger les moyens de subsistance et favoriser une coexistence durable avec la faune sauvage.


Des villages riverains au cœur du projet


Le projet cible les communautés directement touchées par les incursions d’éléphants dans les champs. Dans le parc national de Mwagna, des clôtures électriques ont été installées dans les villages de Zolende, Makebe, Ntolo, Bonamaza, Malassa, Komabela, Mbelakembe, Zambakangaka, Ekata, Mbeza, Mekambo Carrière et Mekambo. Ces installations permettent désormais aux habitants de protéger leurs champs de manioc, d’igname ou de bananes plantain, cultures souvent victimes des pachydermes en maraude.
À l’est, dans le parc national de l’Ivindo, les actions se poursuivent dans les villages de Scoops Ça Caalea, Iyoko-Ngota, Loaloa, Simitang, Messeb, Nze Vatican et Mbeza. Ici aussi, les clôtures constituent une barrière physique et psychologique contre les éléphants qui peuvent dévaster les récoltes en quelques heures.


Un impact direct sur les moyens de subsistance


Pour les communautés locales, chaque récolte perdue représente une menace directe pour la sécurité alimentaire et les revenus familiaux. Avant l’installation des clôtures, de nombreux habitants témoignaient de leurs difficultés : « Les éléphants venaient souvent la nuit. Certains jours, nous n’avions plus rien à manger », explique Madame Awa Nguema, habitante de Makebe. Aujourd’hui, elle raconte avec un sourire que ses champs de manioc sont enfin protégés et qu’elle peut envisager de vendre une partie de sa récolte pour acheter du matériel scolaire pour ses enfants.
De son côté, Jean-Pierre Obiang, agriculteur à Mbeza, souligne : « Ces clôtures nous ont donné un sentiment de sécurité. Avant, il fallait veiller chaque nuit pour protéger nos plantations. Maintenant, nous dormons mieux et nous pouvons nous concentrer sur d’autres activités. »


Une approche participative et durable


Le succès de ces initiatives repose sur l’implication directe des communautés. L’ANPN ne se contente pas d’installer les clôtures ; elle forme également les habitants à leur entretien et à leur utilisation. Des réunions régulières sont organisées pour sensibiliser aux comportements à adopter face aux éléphants et pour encourager une coexistence pacifique.
Cette approche vise à réduire durablement les incidents homme-éléphant tout en préservant la biodiversité. En intégrant les populations locales dans la gestion des conflits, le projet favorise une appropriation des solutions et assure leur pérennité.


Témoignages et défis persistants


Malgré les avancées, des défis subsistent. Certains habitants craignent que les éléphants s’habituent aux clôtures ou que des brèches apparaissent après de fortes pluies. « Il faut rester vigilant, surtout pendant la saison des pluies », avertit Patrick Mbina, responsable communautaire à Ekata.
Pour d’autres, le projet représente une lueur d’espoir : « Avant, nous étions impuissants. Aujourd’hui, nous voyons que la conservation peut aller de pair avec notre sécurité alimentaire », confie Rose-Mary Lombo, villageoise de Zolende.


Concilier conservation et sécurité alimentaire


Au-delà de la protection des champs, le projet illustre un enjeu majeur au Gabon : conciler la conservation de la faune avec les besoins des communautés locales. Les éléphants jouent un rôle crucial dans les écosystèmes forestiers, mais leur présence proche des villages peut engendrer des pertes économiques importantes. Les clôtures électriques et les mesures d’accompagnement permettent de trouver un équilibre, réduisant les tensions tout en préservant les habitats naturels.


Vers une coexistence durable


Grâce au Projet Éléphant Gabon, l’ANPN réaffirme son engagement : protéger la faune tout en soutenant les populations riveraines. En sécurisant les cultures et en renforçant la participation communautaire, les initiatives renforcent la résilience des villages face aux défis environnementaux.
Comme le résume Awa Nguema : « Nous apprenons à vivre avec les éléphants plutôt que contre eux. C’est une vraie victoire pour nous tous. »
Au fil des mois, l’objectif est que ces actions servent de modèle pour d’autres régions du pays, où le conflit homme-faune reste une réalité quotidienne. La coexistence n’est pas seulement possible : elle devient tangible, un champ à la fois, clôture après clôture.

Par Pamphil

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