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PRODUIRE, TRANSFORMER, RÉUSSIR

PRODUIRE, TRANSFORMER, RÉUSSIR
L'agro-industrie au Gabon est un levier de croissance essentiel. Le séminaire sur la transformation agricole souligne l'importance de produire localement et structurer les chaînes de valeur pour développer l'économie.

« Du champ à l’usine, le Gabon veut ouvrir une nouvelle page dans la valorisation de son potentiel agricole. » Cette ambition était au cœur du séminaire national sur la transformation agricole-industrielle, organisé hier autour du thème « Bâtir l’industrie gabonaise ». Formation, exposition de produits locaux, panels interactifs et participation d’experts internationaux ont rythmé cette rencontre qui se veut un marqueur de la nouvelle donne économique portée par les autorités.


Une vision industrielle assumée


Produire, transformer et réussir : le triptyque résume l’esprit du séminaire. Au-delà des discours, la vision affichée est de faire du Gabon un pays industriel capable de fabriquer localement, de structurer des entreprises solides — y compris des multinationales — et de satisfaire à la fois la demande intérieure et extérieure. Dans un contexte de diversification économique, l’agro-industrie apparaît comme une belle carte à jouer, tant par son potentiel de création de valeur que par sa capacité à absorber de la main-d’œuvre.
Portée au plus haut niveau de l’État, cette orientation ouvre de nouvelles perspectives. L’impulsion présidentielle entend rebattre les cartes de la pensée industrielle au Gabon, en plaçant la transformation locale au centre de la stratégie. L’objectif est double : réduire la dépendance aux importations et accroître les exportations de produits à plus forte valeur ajoutée.


La transformation locale, moteur de valeur ajoutée


Longtemps cantonné à l’exportation de matières premières, le secteur agricole gabonais est appelé à changer d’échelle. La transformation locale des produits agricoles et avicoles — manioc, banane plantain, huile de palme, volaille, entre autres — constitue un levier majeur de création de richesse. Transformer sur place, c’est capter des marges supplémentaires, stabiliser les revenus des producteurs et stimuler l’investissement industriel.
Les échanges ont mis en exergue des exemples concrets d’unités de transformation adaptées aux réalités locales, capables de répondre aux standards de qualité tout en restant compétitives. Pour les experts présents, la réussite passe par l’accès à des équipements appropriés, à l’énergie, mais aussi par la maîtrise des procédés industriels. Autant de conditions pour inscrire durablement l’agro-industrie gabonaise sur les bons rails.


Structurer les chaînes de valeur agricoles et avicoles


Autre enjeu central : la structuration des chaînes de valeur. De la production à la commercialisation, en passant par la transformation et la logistique, l’agro-industrie suppose une coordination fine des acteurs. Le séminaire a réuni étudiants, coopératives, producteurs et acteurs de la chaîne de valeur agricole et avicole autour de panels interactifs axés sur les solutions.
L’idée défendue est celle d’un écosystème intégré, où chaque maillon trouve sa place et sa rentabilité. La contractualisation entre producteurs et transformateurs, l’amélioration du stockage, la normalisation des produits et l’accès aux marchés sont autant de facteurs déterminants. Une chaîne de valeur structurée permet non seulement de réduire les pertes post-récolte, mais aussi d’améliorer la compétitivité globale des filières.


Emplois, exportations et réduction des importations


Sur le plan macroéconomique, les retombées attendues sont significatives. Le développement de l’agro-industrie est considéré comme un gisement d’emplois, notamment pour les jeunes et les zones rurales. Des emplois directs dans les unités de transformation, mais aussi indirects dans le transport, la maintenance, le conditionnement ou la distribution.
À moyen terme, la montée en puissance de la transformation locale devrait contribuer à la réduction des importations alimentaires, qui pèsent lourdement sur la balance commerciale. En parallèle, l’exportation de produits transformés offrirait de nouvelles recettes en devises, renforçant la résilience de l’économie nationale face aux chocs extérieurs. Pour les participants, l’agro-industrie peut ainsi devenir un pilier de la croissance inclusive.


Coopératives et PME, piliers de la dynamique


Le rôle des coopératives et des PME agricoles a été largement souligné. Véritables chevilles ouvrières du secteur, elles sont appelées à porter la transformation sur le terrain. Encore faut-il leur donner les moyens d’agir. Formation de qualité, accompagnement technique et accès au financement constituent des prérequis essentiels.
Un volet important du séminaire a été consacré au développement durable par la formation. Des concepts concrets ont été présentés, notamment sur la manière de former les artisans et producteurs à l’utilisation d’outils modernes pour améliorer les rendements et la qualité. L’accompagnement financier, avec l’appui de partenaires, vise à booster les coopératives engagées dans la transformation agro-industrielle.


Une opportunité à concrétiser


En réunissant les acteurs du monde agricole, des experts internationaux et les pouvoirs publics, ce séminaire national a posé les bases d’une réflexion stratégique sur l’avenir industriel du Gabon. L’agro-industrie s’impose comme une opportunité majeure, à condition de transformer l’essai par des politiques cohérentes et un suivi rigoureux. La nouvelle donne est lancée.  

Par Pamphil

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