MONTÉE EN COLÈRE
Réunis en assemblée générale ce samedi 10 janvier 2026 à l’école publique Martine Oulabou, située dans le deuxième arrondissement de la commune de Libreville, les enseignants membres du collectif SOS ÉDUCATION ont décidé de durcir le ton et d’augmenter la pression sur le ministère de l’éducation nationale. Ils ont ainsi choisi de poursuivre le mouvement de grève, dénonçant l’absence de réponses satisfaisantes à leurs revendications.
Stricte respect de la loi.
La prolongation de ce mouvement de grève s’inscrit, selon les responsables syndicaux, dans le strict respect des dispositions de la Constitution en vigueur ainsi que des textes législatifs encadrant l’exercice du droit de grève au Gabon. Ils s’appuient notamment sur la loi n°18/93 portant statut général de la fonction publique, la loi n°8/92 relative au statut général des fonctionnaires, ainsi que la loi n°18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de création et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’État.
Refus de stagnation administrative.
M. Gildas, enseignant de français au lycée public d'Amy Kelly et diplômé de l'ENS en 2021, dénonce une stagnation de son statut et de son salaire depuis 2014. Malgré un engagement continu et le respect des directives présidentielles, sa situation n'a connu aucune amélioration. Il souligne que les enseignants sont des "victimes" d'un système qui ne les respecte pas et les "minimise".
De son côté, M. Cyprien Mouélé Moubélé, fort de 23 ans d'expérience en tant qu'enseignant de mathématiques, déplore d'être toujours traité comme un "stagiaire". Cette situation, après plus de deux décennies de service, illustre un profond problème de reconnaissance et de régularisation administrative au sein de la fonction publique.
Régularisation des situations administratives
Pour les enseignants l’évolution des carrière est la priorité des revendications. C'est la demande la plus pressante. M. Cyprien insiste sur le fait que "nous attendons du gouvernement la régularisation de nos situations administratives qui se trouvent en machine à la fonction publique." M. Gildas fait écho à cette demande en réclamant la "régularisation des situations administratives" et la "réhabilitation de nos droits".
Amélioration des conditions de travail.
Les conditions d'enseignement sont un facteur majeur de démotivation. M. Gildas décrit des "salles de classe remplies, 150 têtes dans une salle de classe" et des "élèves assis à même le sol". Il s'interroge : "quel suivi voulez-vous ?" et "quelle performance ou bien compétence demandez-vous ?" Pour lui, il est impératif de "nous mettre dans les conditions qui permettent de sortir l'excellence".
En attendant des actes concrets de la part des autorités compétentes, le collectif SOS ÉDUCATION réaffirme sa détermination à poursuivre la mobilisation. Les enseignants préviennent que la grève restera maintenue tant que des réponses claires et des mesures effectives ne seront pas apportées à leurs revendications. Pour eux, il en va non seulement du respect de leurs droits, mais aussi de l’avenir de l’école gabonaise et de la qualité de l’enseignement offert aux apprenants.