REGRETS, CURIOSITÉ, SATISFACTION
Curiosité, satisfaction et regrets : tels sont les sentiments qui animent actuellement les Librevillois. Depuis le début de la semaine, la présence au sol de nouvelles traces de parkings alimente les conversations des usagers du centre-ville. Ces marquages visibles, le long de la voie reliant le mausolée Léon Mba au feu tricolore situé à hauteur de la Chambre nationale des arts et métiers du Gabon (CNAMG), en passant par le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) et devant la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), suscitent déjà de nombreux questionnements. Les réactions recueillies oscillent entre pessimisme et émerveillement.
Rétrécissement de la chaussée et risques d'embouteillages.
Un point de crispation concerne l'impact de ces aménagements sur la fluidité du trafic. Un passant, interviewé devant la SEEG, regrette que ces espaces de stationnement entraînent une diminution de la largeur de la route : « Vous voyez bien que ça va encore un tant soit peu rétrécir la chaussée. » Tout en reconnaissant l'utilité du projet, il déplore une mise en œuvre tardive : « Moi je me dis quand même que c'est trop tard. » Selon lui, les routes n'ayant pas été conçues pour intégrer des parkings, il aurait fallu « détruire une partie de l'accotement » pour éviter d'aggraver les embouteillages.
Face à ces craintes, un autre passant, Eugène, interrogé se veut plus pragmatique : « Ça dépendra, puisque les routes sont rétrécies. On ne peut pas faire autrement. L'essentiel c'est de garer bien, de faire ses opérations et de repartir. »
Vers moins d’anarchie dans la ville.
Malgré les réserves, l'optimisme reste de mise pour une partie de la population. Ce matin, Cériake Itati Papa, un usager venant de stationner près du mausolée, ne cachait pas sa surprise : « Oui, effectivement, en arrivant ce matin en ville, j'ai été agréablement surpris de constater qu'il y a des marques de parking sur la chaussée. » Pour lui, cette initiative est le gage d'un retour à l'ordre : « Ça va éviter de l'anarchie au niveau de la ville. » Il veut croire que les initiateurs du projet ont réalisé les études nécessaires pour prévenir tout risque d'amplification des bouchons.
Entre soulagement et inquiétudes financières.
Pour certains usagers, ce nouveau dispositif est accueilli avec un véritable soulagement, notamment face à l'anarchie qui régnait auparavant. Ngoua Emmanuel rencontré sur les lieux exprime sa satisfaction : « Vraiment bien, ça c'est quand même bien. »
Cependant, l'éventualité que ces parkings deviennent payants sous l'égide de la mairie soulève des doutes. Ce même citoyen se montre catégorique sur la question : « Si c'est pour la mairie, les parkings payants ce n’est pas bon, pour garer les voitures en ville. Puisque les parcs ne sont pas réservés en ville. Comment ça va être payant pour la mairie ? Non. Si c'est public, c'est bon.»
En attendant des clarifications de la part de l’entreprise adjudicataire sur les modalités d’exploitation de ces nouveaux espaces, le débat reste ouvert au sein de la population. Entre espoir d’une meilleure organisation urbaine et crainte de nouvelles contraintes pour les automobilistes.