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STIMULANT OU DANGER ?

STIMULANT OU DANGER ?
Conduite en état d’ivresse au Gabon : risques, sanctions, responsabilité et sécurité routière pour prévenir accidents et sauver des vies.

Au Gabon, la conduite en état d’ivresse demeure une réalité préoccupante sur les routes. Récemment, à Tchibanga, un homme a été interpellé pour avoir pris le volant après avoir consommé de l’alcool. Un fait divers de plus qui vient rappeler que ce comportement à risque est encore trop banalisé.
Par habitude, par imprudence ou par excès de confiance, certains conducteurs ignorent parfois les conséquences dramatiques que cela peut engendrer. « Non, je ne bois pas le vin quand je conduis », affirme un chauffeur interrogé. Mais d’autres ne partagent pas la même rigueur. « Non, pour une seule personne, un moment, mais il y a d’autres qui consomment au volant. Si tu finis ton boulot le soir, la nuit, tu peux boire. Moi, j’ai fait ça, j’ai fini le travail d’abord, j’envoie madame, le travailleur, on boit ensemble », confie un autre.


Un phénomène profondément ancré


La conduite en état d’ivresse n’est pas un problème isolé : c’est un phénomène bien réel, profondément ancré dans nos sociétés. Souvent ignorées, parfois minimisées, ces pratiques sont pourtant visibles sur les routes. Des passagers témoignent avoir à plusieurs reprises été confrontés à des chauffeurs visiblement en état d’ébriété.
« Je ne vais pas trop affirmer, mais c’est quand même presque le quotidien. À voir la conduite que nous voyons là tous les jours, on se dit que parfois ils ont pris un verre de trop. Et ça devient, comme je disais, très cessant. Et la seule prière que vous avez dans votre cœur, c’est d’y arriver et puis descendre », raconte un usager.
Face à cette réalité, la vigilance reste faible. Beaucoup se croient invincibles et estiment que leur expérience suffit à compenser l’effet de l’alcool. « Puisqu’il ne veut pas comprendre, il dit qu’il a l’habitude de faire, qu'il maîtrise, alors qu’il est peut-être dans un état qui ne convient pas à la conduite », ajoute un autre passager.


Un cadre juridique sévère mais insuffisant


Au Gabon, la loi n’est pourtant pas tendre avec les contrevenants. La conduite en état d’ivresse est sévèrement sanctionnée par le Code pénal et le Code de la route. Les peines peuvent aller jusqu’à trois mois d’emprisonnement, des amendes dépassant 100 000 francs CFA, la rétention du permis de conduire, voire la saisie du véhicule.
Pourtant, malgré cet arsenal juridique, le phénomène peine à reculer. Beaucoup de chauffeurs semblent ignorer le danger réel. « Parce qu’il y en a souvent qui se disent super, super chauffeur. Ce que l’homme a créé, ça peut faillir à tout moment. Pour dire que voilà, je suis un chauffeur, j’ai déjà 5 ans, j’ai déjà 10 ans par exemple à la conduite et que je perds maintenant. La maîtrise, ce n’est pas véritablement ça », déplore un observateur de la sécurité routière.


Témoignages et réalité du terrain


Les témoignages des passagers montrent que le problème n’est pas seulement théorique. Certains conducteurs mettent régulièrement la gomme malgré une faible visibilité ou après avoir bu. « Ce que je peux dire pour essayer de minimiser le taux d’accident, parce que ce sont également nos parents, nos frères et sœurs qui partent à court de ce genre de cas, c’est de dire à tous ceux qui sont conducteurs, ceux qui sont conscients, qui savent que ce ne sont pas les bœufs qui le transportent mais les humains comme eux, de pouvoir se stabiliser », explique un témoin.
Il insiste sur la responsabilité individuelle : « D’être conscient pour dire que si j’ai pris le volant et que j’ai des vies derrière moi, c’est une responsabilité. Donc les clients qui montent dans le véhicule à chaque fois font confiance également au chauffeur. Le chauffeur également doit être conscient pour dire que ce sont des pères et des mères de famille que je transporte. Par conséquent, il faut s’abstenir de l’alcool. »


Responsabilité individuelle et prévention


Au-delà des sanctions légales, la lutte contre la conduite en état d’ivresse repose avant tout sur la responsabilisation des conducteurs. « Ce n’est pas un stimulant pour la route, c’est un danger qui peut tourner au vinaigre en quelques secondes », avertit un spécialiste de la sécurité routière.
Changer de comportement implique de faire preuve de lucidité et de retenue. Il en faut peu pour que la situation dégénère : un verre de trop, un excès de confiance, une visibilité réduite et la route peut rapidement devenir une zone de catastrophe. Les experts rappellent aussi que certains conducteurs ne lésinent pas sur l’alcool avant de prendre le volant, ce qui augmente exponentiellement le risque d’accident.


Sécurité plutôt que drame


La conduite en état d’ivresse est un défi de taille pour la sécurité routière gabonaise. Les sanctions, même sévères, ne suffisent pas à éradiquer le phénomène. La clé réside dans la prise de conscience : chaque conducteur doit comprendre qu’en tournant la clé du contact après avoir bu, il met non seulement sa vie en danger, mais aussi celle de ses passagers et des autres usagers de la route.
Comme le résume un passager : « Les chauffeurs doivent savoir que ce sont des vies qu’ils transportent. La route n’est pas un terrain de jeu, et se croire invincible peut très vite tourner au vinaigre. »
Adopter une conduite responsable, c’est choisir la sécurité plutôt que le drame. C’est mettre fin à la banalisation d’un comportement à risque, éviter les répétitions d’accidents évitables et rappeler à chacun que la route est avant tout une affaire de vigilance et de respect de la vie.


Beaucoup de Gabonais boivent avant de prendre le volant


Beaucoup de Gabonais boivent avant de prendre le volant, pensant que l’alcool les stimule. Ils estiment qu’ils roulent plus vite, sont plus alertes et plus éveillés. Cette perception, pourtant dangereuse, les pousse à sous-estimer les risques et à ignorer la fatigue réelle ou la faible visibilité. En réalité, l’alcool altère la concentration, ralentit les réflexes et augmente le risque d’accident. La route n’est pas un lieu pour se croire invincible, mais pour rester responsable et vigilant.

Par Pamphil

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