BDC APPELLE À L’APAISEMENT
La crise qui paralyse le secteur de l’éducation nationale s’inscrit désormais dans la durée. Toujours en éducation, la crise de l'éducation nationale s'enlise et fait planer le risque d'une année scolaire compromise. Une situation préoccupante qui, au-delà des salles de classe, menace l’équilibre social du pays et interpelle l’ensemble des forces vives de la Nation.
Face à cette impasse, les acteurs politiques commencent à hausser le ton. Lundi soir, le Bloc démocratique chrétien (BDC) est sorti de son silence pour se prononcer sur ce conflit aux lourdes conséquences. C’est au cours d’un point de presse tenu dans la capitale, Libreville, lundi dernier, que le parti a livré son analyse et formulé des propositions de sortie de crise.
Une crise qui dépasse le cadre scolaire
Pour le BDC, l’arrêt prolongé des activités scolaires ne constitue pas seulement un problème sectoriel. Il s’agit d’un enjeu national majeur qui engage l’avenir du pays. Prenant la parole, Clay Martial Obame Akwe, vice-président du Bloc démocratique chrétien, a rappelé la portée politique et institutionnelle de la situation actuelle.
« Lorsque l'école s'arrête durablement, c'est la République elle-même qui se fragilise. Or, cette situation est d'autant plus préoccupante que le Gabon sort à peine d'une transition politique réussie, reconnue et saluée par la communauté internationale. Cette transition, en restaurant la crédibilité de l'Etat, en consolidant la stabilité nationale et en ravivant l'espoir d'un renouveau, départ a ouvert une dynamique nouvelle. Dès lors, permettre aujourd'hui qu'une crise sociale majeure s'enlise irait à l'encontre de cette dynamique et compromettrait les acquis chèrement obtenus »
À travers cette déclaration, le BDC insiste sur le contexte politique particulier que traverse le Gabon, marqué par une transition récente et fragile, qui exige responsabilité et retenue de la part de tous les acteurs.
Une rencontre nationale sous l’autorité du chef de l’État
Se plaçant sous le signe de l’apaisement et de la responsabilité, le BDC plaide pour une sortie de crise concertée. Le parti propose la convocation, sous l’autorité directe du chef de l’État, d’une rencontre nationale de concertation réunissant l’ensemble des parties prenantes du système éducatif et de la société civile.
Selon Clay Martial Obame Akwe, la crédibilité de cette initiative repose sur son caractère inclusif et équilibré. Il a ainsi précisé la composition souhaitée de cette rencontre :
« Afin de garantir la crédibilité et l'efficacité, cette rencontre devra réunir deux membres du comité des sages, deux représentants de l'église catholique, deux représentants de l'église protestante, deux représentants de Gabon pour Jésus, deux représentants du conseil islamique du Gabon, deux représentants du conseil national de la démocratie, deux représentants des centrales syndicales représentatives, deux parlementaires, deux représentants du ministère de l'éducation nationale, deux représentants du ministère de la fonction publique, deux représentants du ministère des finances, deux représentants du ministère de la planification, deux membres de la médiature de la république, deux membres de la CNPR, deux membres de l'alliance chrétienne »
Pour le BDC, cette diversité d’acteurs est indispensable afin de restaurer la confiance entre l’État et les partenaires sociaux et de parvenir à des solutions durables.
Le temps, un facteur aggravant
Alors que le temps joue contre l’école gabonaise, le BDC estime qu’il est désormais impératif d’ouvrir un dialogue franc, sincère et inclusif, afin d’éviter une année scolaire compromise et de préserver la cohésion nationale.
Le vice-président du parti a conclu son propos par un appel solennel à la responsabilité collective :
« Le temps joue contre la république. Chaque jour d'école perdue est une défaite collective. Chaque semaine d'inaction affaiblit un peu plus la cohésion nationale. C'est pourquoi nous appelons à la maturité de tous, nous appelons à la sagesse de tous, parce que le Gabon ne peut pas avancer avec une école à l'arrêt. Parce que la république ne se négocie pas, elle se protège »
Pour le Bloc démocratique chrétien, seule une implication directe du sommet de l’État, portée par un dialogue véritable, peut aujourd’hui permettre de sauver l’école gabonaise et de préserver la cohésion sociale.