NUIT DU 5 AU 6 FÉVRIER, UNE VILLE DANS LE NOIR… ET LA SEEG SOUHAITE “BON MOIS DE FÉVRIER”
Une communication qui se veut positive, mais qui sonne creux face à une réalité brutale, dans la nuit du 5 au 6 février, une ville entière a dormi dans le noir, sans explications claires, sans calendrier fiable, et sans la moindre perspective de dédommagement.
Cette panne prolongée n’est pas un simple désagrément. Elle touche directement la vie des familles et la performance économique du pays. Une population privée d’électricité passe une nuit sans sommeil, se lève épuisée, travaille moins efficacement, prend plus de risques sur la route et voit sa productivité diminuer. À l’échelle d’une ville, puis du pays, c’est l’économie qui ralentit, commerces perturbés, services stoppés, pertes alimentaires, machines à l’arrêt, et un climat d’incertitude permanent.
Ce qui choque davantage, c’est le sentiment d’impunité qui entoure ces coupures. Depuis plusieurs années, la SEEG, pourtant en situation de monopole, n’a jamais publié de manière accessible et pédagogique ses résultats financiers complets, ni expliqué clairement sa politique de réinvestissement, combien est collecté auprès des usagers, quelle part est consacrée aux infrastructures, à la maintenance, aux extensions de réseau, à la modernisation ? Les usagers paient chaque mois, mais ne savent pas précisément comment leurs fonds sont utilisés.
Dans le même temps, l’entreprise se lance dans une “guerre contre la fraude”, avec contrôles intensifs, retraits de compteurs et procédures souvent vécues comme brutales. Or, ce zèle répressif contraste avec l’opacité sur la gestion des recettes provenant des abonnés réguliers. L’effort est exigé du citoyen, mais la transparence n’est pas rendue en retour.
À cela s’ajoute une autre zone d’ombre, l’actionnariat de la SEEG reste, à ce jour, mal connu dans sa totalité par le grand public. Qui détient réellement les parts, qui décide, et qui rend des comptes ? La question est d’autant plus sensible qu’un audit, annoncé autrefois à grand bruit, semble avoir disparu dans le silence : aucune publication officielle, aucune synthèse accessible, aucune suite clairement communiquée.
Les coupures s’accumulent, les explications manquent, et la population doit “juste subir” parce qu’il n’existe pas d’alternative. Le monopole protège l’entreprise d’une vraie sanction du marché et laisse les usagers sans recours immédiat, ni compensation automatique.
Souhaiter un « bon mois de fevrier » à un peuple qui passe des nuits entières dans le noir révèle un décalage profond. Les Gabonais n’attendent pas des slogans, mais des réponses, transparence financière, vérité sur la gouvernance, publication de l’audit, plan d’investissement clair, et respect des usagers.