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QUI SONT LES MAUVAIS PAYEURS ?

QUI SONT LES MAUVAIS PAYEURS ?
CEMAC : découvrez quels pays paient ou retardent leurs contributions financières régionales

La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) traverse une période délicate. La récente annonce de la Commission de suspendre ses activités non stratégiques, en raison d’un manque de liquidités, met en lumière une fragilité financière préoccupante. Dans cette crise, quels États membres respectent réellement leurs engagements financiers ?


Une crise de trésorerie qui inquiète


La CEMAC, qui regroupe six pays d’Afrique centrale, lle Cameroun, le Gabon, la République centrafricaine, le Congo, le Tchad et la Guinée équatoriale, fait face à un manque de ressources qui paralyse certaines de ses missions. La suspension annoncée par la Commission concerne notamment les programmes de coopération régionale non essentiels, le suivi de projets ou encore certaines missions administratives.


Selon les chiffres officiels, la Commission dépend fortement des contributions annuelles des États membres, fixées en fonction de leur Produit intérieur brut (PIB) et de leur capacité financière. Ces contributions représentent environ 80 % du budget opérationnel. Or, plusieurs pays accusent plusieurs mois de retard dans leurs versements.


Libreville : un exemple à suivre


À ce jour, le Gabon fait figure d’exception. Libreville est le seul État membre à avoir honoré l’ensemble de ses engagements financiers. Cette régularité témoigne d’une volonté de soutenir la dynamique d’intégration régionale et de préserver la crédibilité de la CEMAC. Le Gabon, dont le PIB est estimé à 24 milliards de dollars en 2025, a versé ses contributions dans les délais impartis, permettant à la Commission de maintenir certaines opérations essentielles.


Cette discipline financière contraste avec celle d’autres membres. La capacité du Gabon à payer en temps et en heure s’explique en partie par sa stabilité macroéconomique et sa gestion prudente des recettes pétrolières, qui constituent plus de 60 % de ses revenus d’exportation.


Les mauvais payeurs : une réalité préoccupante


En revanche, certains États accumulent les retards. Selon des sources proches de la Commission, le Cameroun et le Tchad sont parmi les plus en retard. Pour le Cameroun, premier PIB de la zone avec environ 70 milliards de dollars, le retard des contributions s’explique par une dette publique élevée et des priorités budgétaires nationales. Le Tchad, quant à lui, subit les conséquences d’une économie fortement dépendante du pétrole, dont les fluctuations du cours mondial ont un impact direct sur ses finances.


La Guinée équatoriale et la République centrafricaine, déjà fragiles sur le plan économique, rencontrent également des difficultés. Ces retards fragilisent la capacité de la Commission à planifier ses projets et à soutenir des initiatives structurantes, telles que le renforcement des infrastructures régionales ou la coordination monétaire au sein de la zone franc CFA.


Les conséquences pour la CEMAC


Le non-respect des engagements financiers ne se limite pas à une question budgétaire. Il impacte directement la crédibilité de la CEMAC sur la scène internationale et la confiance des partenaires financiers. Des institutions telles que la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI) surveillent de près la régularité des contributions des États membres, qui conditionnent l’accès à certains financements régionaux.


La suspension des activités non stratégiques, bien que temporaire, crée un précédent inquiétant. Pour la première fois depuis plusieurs années, la Commission se voit contrainte de revoir ses priorités et de réduire ses opérations, mettant en lumière l’importance cruciale d’un financement régulier.


Une question de gouvernance et de discipline financière


Au-delà des contraintes économiques, la situation reflète également des enjeux de gouvernance. Certains observateurs estiment que la CEMAC devrait renforcer ses mécanismes de suivi et de sanction pour les États défaillants. Des propositions existent, comme l’instauration de pénalités financières, l’exclusion temporaire de certains programmes ou la publication régulière des retards de paiement afin de mettre la pression sur les gouvernements.


Le Gabon pourrait servir de modèle en matière de discipline financière. En respectant ses engagements, Libreville démontre que l’intégration régionale n’est pas qu’un principe théorique, mais un engagement concret nécessitant rigueur et transparence.


Perspectives et enjeux futurs


La crise de trésorerie actuelle pourrait servir de signal d’alarme pour l’ensemble des États membres. Avec un commerce intra-zone limité et une dépendance accrue aux matières premières, la CEMAC doit repenser sa stratégie de financement et inciter à plus de régularité.


Des solutions existent, telles que la diversification des sources de revenus de la Commission, le recours à des partenariats public-privé, ou encore l’amélioration des mécanismes de collecte des contributions. Mais pour qu’elles soient efficaces, il faudra l’adhésion de tous les membres et une volonté politique claire.


Si la situation persiste, la crédibilité de la CEMAC pourrait être remise en question, ce qui aurait un impact direct sur le développement économique et la stabilité monétaire de l’ensemble de la région.


Le défi de la solidarité financière


La question des mauvais payeurs au sein de la CEMAC n’est pas seulement une affaire de chiffres. Elle touche à la solidarité régionale, à la gouvernance et à la capacité de l’institution à soutenir ses projets. Le Gabon montre la voie, mais pour que la CEMAC reste crédible et efficace, les autres États doivent rapidement rattraper leur retard.


La balle est désormais dans le camp des États membres. Sans une discipline financière accrue, la Commission pourrait voir son rôle stratégique affaibli, au moment même où l’intégration économique et monétaire d’Afrique centrale nécessite plus que jamais une coopération solide et des engagements respectés.


 


 


 


 

Par Pamphil

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