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Fait divers

TUÉ POUR AVOIR CAMBRIOLÉ

TUÉ POUR AVOIR CAMBRIOLÉ
Insécurité à Bikélé : justice populaire, cambriolages et appel à l’action des autorités

Dans la nuit du jeudi au vendredi 20 février, le quartier de Bikélé-Château, situé après Château, a été le théâtre d’un événement tragique. Un jeune homme, soupçonné de cambriolage, a été capturé par les habitants du quartier. Ces derniers, en proie à l’insécurité qui gangrène leur quotidien, ont pris la décision de rendre justice eux-mêmes, un acte qui a conduit à la mort du suspect. Cette affaire met en lumière la problématique grandissante de l'insécurité à Libreville, et plus particulièrement dans les quartiers populaires comme Bikélé.


Le cambriolage qui a dégénéré


Les résidents de Bikélé ont été choqués par cet incident. Selon un témoignage recueilli sur place, un jeune homme a été aperçu dans une maison du quartier dans la nuit de jeudi à vendredi. Un habitant du quartier raconte.


"On vit l’insécurité dans notre quartier, par exemple, dans la nuit de jeudi à vendredi, on a aperçu un jeune homme dans cette maison. On ne connaît pas ce qu’il voulait aller prendre, mais il a quand même réussi à prendre le portefeuille du monsieur, donc quand le gardien de la concession a crié 'au voleur', tout le monde est sorti"


Ce n'était malheureusement pas un cas isolé. La même résidente poursuit.


"Ce n’est pas la première fois. Cela ne fait pas un mois que ma tante a été cambriolée chez elle. Des jeunes sont rentrés dans sa maison. Ils ont tout pris. Son mari n'était pas là"


L’intervention de la police judiciaire


La situation s’est accélérée lorsque la police judiciaire (PJ) est intervenue tôt le matin, le 23 février. Un autre habitant du quartier témoigne.


"Ce matin du drame, vers 5h45, j'entends toc toc toc à ma porte. Donc, la PJ était là. Les gens de la PJ ont pris mon petit frère, ils ont pris aussi d'autres jeunes pour les amener à les témoigner de tout ce qui s’est vraiment passé"


Le lendemain, l’horreur s’est confirmée, puisque le corps du jeune homme présumé voleur a été retrouvé. Le témoin explique.


"Oui, le jeune en question est décédé. Le jeune en question est décédé, on l’a trouvé. Pour les détails, moi, je ne peux pas confirmer les détails parce que je n’étais pas sur le lieu"


Le cri d'alarme des habitants


L’incident a plongé la population du quartier dans un état de choc, et un habitant déclare.


"On appelle vraiment les hautes autorités de ce pays. Monsieur le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, s'il te plaît. Papa, on a besoin de toi. On vit dans l’insécurité. On est abandonnés à nous-mêmes. On ne peut pas sortir. Nos enfants ne peuvent pas sortir. Il y a une heure où les enfants ne doivent pas rester dehors. Même envoyer l'enfant à la boutique, tu ne peux pas. Parce que nous sommes abandonnés à nous-mêmes"


L’échec des commissariats et le manque de sécurité


En parallèle, la situation des forces de l’ordre dans le quartier est de plus en plus préoccupante. Un autre habitant explique que la population a tenté, sans succès, d’amener un voleur interpellé au commissariat.


"J'ai appris qu'il y a eu un voleur qu'on a interpellé. Les riverains sont allés au niveau des différents commissariats. Ils étaient rejetés. Parce que j'ai appris qu'ils sont partis au commissariat de Bikélé-Nzong. Ils ont interpellé un voleur, le commissariat était fermé. Ils sont allés au PK14, le commissariat était fermé. Ils sont allés au PK9. On leur a fait comprendre qu'on ne peut plus recevoir des gens. Donc, les cellules sont pleines"


Cet incident met en lumière la saturation des commissariats dans la capitale, et le sentiment de négligence ressenti par les habitants. L’intervenant poursuit en soulignant la carence de patrouilles de sécurité.


"Nous avons un commissariat à Nzong-Cité, et un autre au PK14, mais ce n'est pas suffisant. Deux commissariats pour un quartier comme Bikélé après Château, et il n’y a pas vraiment de patrouilles de sécurité de temps en temps. Ce n’est pas tout le temps, mais de temps en temps, une fois, deux fois, c’est très important. Ça va freiner le taux de délinquance. Ils vont se dire qu'il y a des agents qui font des patrouilles dans la zone de temps en temps"


Le rôle de la justice dans la résolution de ce fléau


Dans ce climat d’insécurité, certains habitants plaident pour une gestion plus rationnelle et une meilleure implication de la justice. Un autre résident exprime son point de vue sur le recours à la violence :


"Déjà, moi, je ne suis pas ce genre de personne qui va taper sur un voleur ou un braqueur ou quoi que ce soit. Alors, mon avis sur ça, c'est juste d'attraper la personne et laisser la justice faire son travail. Arrêtez de penser que le vol ou le braquage est une solution pour pouvoir avoir de l'argent, non. Il y a de l'argent dehors. Alors, la seule chose que je peux vous conseiller, c’est de chercher le travail"


Ce message, empreint de sagesse et de responsabilité, appelle à une gestion pacifique des situations difficiles, loin de la violence aveugle qui pourrait causer davantage de drames.


Une colère légitime face à l’inaction des autorités


Le sentiment d'abandon par les autorités est évident parmi les habitants. La colère est palpable, et ils n’hésitent pas à exprimer leur frustration face à une situation de plus en plus insoutenable.


"J'ai appris qu'il y a eu un voleur qu'on a interpellé. Les riverains sont allés au niveau des différents commissariats. Ils étaient rejetés. Parce que j'ai appris qu'ils sont partis au commissariat de Bikélé-Nzong. Ils ont interpellé un voleur, le commissariat était fermé. Ils sont allés au PK14, le commissariat était fermé. Ils sont allés au PK9. On leur a fait comprendre qu'on ne peut plus recevoir des gens. Donc, les cellules sont pleines"


Ce manque de réponse des institutions publiques est de plus en plus perçu comme une source d’aggravation de l’insécurité dans le quartier. Les habitants sont prêts à se battre pour leur sécurité, mais cette lutte semble désormais être un combat contre l’inertie des autorités locales.


Un appel urgent à une solution


L’insécurité qui prévaut dans ce quartier de Libreville affecte profondément les résidents, qui se sentent abandonnés à leur sort. "On vit dans l’insécurité. On est abandonnés à nous-mêmes. On ne peut pas sortir. Nos enfants ne peuvent pas sortir. Il y a une heure où les enfants ne doivent pas rester dehors. Même envoyer l’enfant à la boutique, tu ne peux pas", se désole une habitante.


Elle appelle également à l’aide des autorités : "Monsieur le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’il te plaît. Papa, on a besoin de toi." Les appels à la sécurité et à l’amélioration de la situation sont de plus en plus fréquents dans les quartiers populaires de Libreville. La population se sent délaissée et désespérée face à une situation qu’elle juge intenable.


 


 


 


 

Par Pamphil

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