UN ARTISANAT D’EXCEPTION EN PLEIN ESSOR.
Une œuvre pionnière de l’art gabonais.
Pour le responsable artisanal, « la pierre de Mbigou est la première œuvre d’art valorisée au Gabon depuis les années 50 ». Il précise qu’elle a été « découverte et sculptée pour la première fois à Mbigou », avant que les artisans ne soient déplacés vers Libreville pour des raisons logistiques liées à l’état des routes et aux moyens de transport.
« Nous étions d’abord installés à l’ancien lycée d’État, puis nous avons rejoint ce site grâce à l’État », raconte-t-il.
Une reconnaissance officielle porteuse d’espoir.
La signature du décret du 29 décembre consacrant la reconnaissance de cette pierre est, selon lui, « un sentiment de joie ». « Nous avons longtemps travaillé sans que cette pierre soit reconnue comme patrimoine protégé. Aujourd’hui c’est chose faite et cela ouvre beaucoup d’avantages. » Explique- t-il.
Parmi ces retombées attendues, il cite « le développement des localités d’extraction, la création d’emplois locaux et la mise en place d’infrastructures de stockage et de vente ». L’objectif, ajoute-t-il, est que « les populations locales extraient elles-mêmes la pierre et que nous venions simplement nous approvisionner ».
Des défis logistiques et structurels persistants.
Malgré ces perspectives, les obstacles restent nombreux. « Nous avons un problème d’accès aux carrières et des difficultés pour acheminer la pierre jusqu’à la capitale », souligne Makita, évoquant le besoin de moyens roulants adaptés.
Il déplore également l’exiguïté des installations actuelles. « Notre structure date de 1981 et elle n’est plus adaptée. L’atelier est saturé et le magasin est trop petit. » Les artisans souhaitent ainsi « une expansion des locaux ou un relogement sur un site plus conforme aux normes actuelles ».
En conclusion, il tient à saluer l’action des autorités, notamment celle du chef de l’État Brice Oligui Nguema « Nous remercions ceux qui ont piloté ce dossier jusqu’à son aboutissement et espérons que les efforts se poursuivront pour améliorer notre quotidien. »
Un patrimoine vivant à consolider.
À travers ses propos, Raymond Makita met en lumière une filière artisanale à fort potentiel, partagée entre reconnaissance officielle et besoins urgents d’accompagnement. La pierre de Mbigou apparaît ainsi comme un symbole culturel appelé à devenir aussi un moteur de développement local.