ANTONY DA SILVA, LANDRY CHAUVIN ET LUIS BOA MORTE
Dans les salons feutrés de Libreville, entre portraits des anciennes gloires et trophées poussiéreux, plane un parfum d’anticipation. Les supporters gabonais retiennent leur souffle. Depuis des semaines, la question brûle toutes les lèvres. Qui prendra les rênes des Panthères après le chaos de Thierry Mouyouma? La scène est prête. Des bureaux encombrés de dossiers, des téléphones sonnant sans cesse et une commission mixte qui a scruté chaque candidature avec un soin méticuleux. Après avoir examiné 605 dossiers, le verdict est tombé. Trois noms triés sur le volet sont désormais sur la short-list finale. Antony Da Silva, Landry Chauvin et Luis Boa Morte. Trois profils distincts, trois tacticiens, trois trajectoires, une seule ambition. Redorer le blason du football gabonais.
Trois profils, trois visions
La sélection des candidats révèle une volonté claire de la commission. Créer une alchimie entre locaux et expatriés, transformer un groupe amorphe en machine compétitive et réduire le nombre de binationaux évoluant dans des divisions très inférieures en Europe et en Asie. Chaque finaliste apporte une expérience unique, une expertise forgée sur les terrains et dans les centres de formation.
Luis Boa Morte : l’oiseau rare du Portugal
Luis Boa Morte, 48 ans, n’est pas un inconnu du football international. Après une carrière de joueur couronnée de succès, notamment avec Arsenal à la fin des années 1990, il a choisi de se consacrer au coaching. Son parcours est marqué par des rôles d’adjoint de haut niveau, de formateur et de sélectionneur national.
Samsunspor (Turquie) : depuis juillet 2025, il est adjoint de Thomas Reis, apportant sa vision tactique et son expertise dans le développement des jeunes joueurs.
Sélectionneur de la Guinée-Bissau (2024-2025) : sa première expérience en tant que numéro un. Nommé en mars 2024, il n’a pas réussi à qualifier les Djurtus à la CAN 2025, mais a laissé une marque indélébile sur l’organisation de l’équipe et la discipline des joueurs.
Fulham FC (2021-2024) : adjoint de Marco Silva, il a contribué à la remontée immédiate du club en Premier League et à sa stabilisation dans le top 10 anglais.
Adjoint de Marco Silva (Everton & Maccabi Haïfa) : son rôle a été déterminant dans la mise en place de structures solides et d’un jeu attractif.
Formation et scouting : il a dirigé les U19 du Sporting CP et travaillé comme scout pour Arsenal, prouvant son talent pour détecter et former des talents émergents.
Son palmarès en tant qu’entraîneur principal reste modeste, mais il a joué les premiers rôles en tant qu’adjoint et formateur, notamment avec Fulham où il a contribué à remporter l’EFL Championship en 2021-2022 et à la promotion immédiate en Premier League. Sa capacité à transformer des joueurs en véritables machines tactiques fait de lui un candidat attendu pour redynamiser les Panthères.
Landry Chauvin : le maître de la formation
Landry Chauvin est l’incarnation du coach-formateur. Avec une carrière centrée sur le développement des jeunes, il a alterné entre postes d’adjoint et responsabilités de sélectionneur national chez les jeunes.
Sélections Nationales (France U18, U19, U20, 2020-2025) : il a dirigé plusieurs générations de joueurs prometteurs, dont certains ont fini par jouer en Europe. La Coupe du Monde U20 2023 a été un électrochoc : malgré une élimination précoce, sa méthode a mis en lumière son talent pour transformer un groupe amorphe en équipe soudée.
Clubs : Stade Rennais, CS Sedan Ardennes, FC Nantes, Stade Brestois, avec des passages courts mais intenses à l’étranger, notamment au Club Africain et en tant qu’adjoint de Vahid Halilhodzic avec le Maroc.
Direction de la formation : il a dirigé les centres de formation du SM Caen et du Stade Rennais, laissant une empreinte durable sur les jeunes joueurs.
Son palmarès n’est pas fait de trophées majeurs, mais il est reconnu pour avoir joué les premiers rôles dans la formation et le lancement de talents qui évoluent désormais au plus haut niveau. Chauvin est un profil idéal pour redorer le blason des joueurs évoluant au sein des clubs du National Foot 1 (première division gabonaise) et pour créer l’alchimie entre joueurs locaux et expatriés.
Antony Da Silva : l’expérience internationale
Antony Da Silva, 45 ans, est un ancien défenseur professionnel reconverti en entraîneur. Franco-portugais, il a su allier rigueur et vision stratégique sur et en dehors des terrains.
Adjoint Équipe nationale du Cameroun (2019-2022) : il a participé à la CAN 2021 et contribué à la 3ème place finale, marquant durablement son passage par son sens tactique et son leadership.
ACSM Poli Iași (2024) : entraîneur principal en Roumanie, il a affiché une moyenne de 1,50 point par match sur 14 rencontres, transformant une équipe modeste en prétendante sérieuse.
Clubs portugais : GD Bragança, AD Oliveirense, et expériences formatrices à Académico de Viseu et FC Paços de Ferreira.
Antony Da Silva se distingue par sa capacité à transformer des groupes hétérogènes en machines cohérentes. Son style privilégie le 4-2-3-1, et il sait tirer le meilleur des joueurs binationaux pour les intégrer dans un collectif performant. Il a également joué un rôle clé dans le développement de joueurs qui ont fait le passage vers les grandes ligues européennes.
Un choix stratégique pour l’avenir des Panthères
La décision finale revient au ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany. Chacun des trois candidats apporte des atouts indéniables. Boa Morte, l’oiseau rare au parcours international. Chauvin, le formateur qui peut transformer des talents bruts en stars. Et Da Silva, l’expert en cohésion et stratégie.
Le Gabon ne cherche pas seulement un entraîneur, mais un leader capable de redonner confiance aux Panthères, de réduire la convocation des joueurs vers des divisions mineures et de créer un électrochoc au sein de l’équipe nationale. Les supporters, les clubs locaux et la diaspora observent avec attention, espérant que le prochain sélectionneur saura marquer une nouvelle ère de réussite et de fierté nationale.
Le verdict approche
Le suspense touche à sa fin. Dans les prochaines heures, le nom du successeur du tumultueux règne de Thierry Mouyouma sera connu. Les trois finalistes ont tous laissé une trace indélébile dans leurs précédents clubs et sélections, auteurs de plusieurs prouesses qui témoignent de leur capacité à transformer des groupes amateurs ou moyens en véritables collectifs compétitifs. Le Gabon attend l’élu capable de jouer les premiers rôles, de redorer le blason national et de construire un futur prometteur pour les Panthères.
Pour les fans gabonais, l’heure de vérité arrive. Le suspense est à son comble. Qui sera capable de faire de cette équipe une machine à victoires, capable de rivaliser avec les meilleurs d’Afrique ? Antony Da Silva, Landry Chauvin ou Luis Boa Morte ?