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QUAND LES PÈRES REFUSENT DE NOURRIR LEUR ENFANT, LE COMBAT TERRIBLE DES MÈRES GABONAISES

QUAND LES PÈRES REFUSENT DE NOURRIR LEUR ENFANT, LE COMBAT TERRIBLE DES MÈRES GABONAISES
Pères qui refusent la pension alimentaire : mères gabonaises en difficulté

Dans les rues animées de Libreville, le marché central déborde de vie. Les cris des enfants se mêlent aux klaxons des voitures et aux rires des passants. Cependant, des centaines de mères vivent un quotidien invisible et lourd. Subvenir seules aux besoins de leurs enfants, sans le moindre soutien financier du père. Ces hommes, souvent bien rémunérés et menant une vie confortable, refusent catégoriquement de contribuer à l’entretien de l’enfant qu’ils ont mis au monde. Les femmes, elles, doivent trouver les moyens de nourrir, habiller et scolariser leur progéniture, parfois jusqu’à l’université.


“Je n’ai rien reçu depuis sa naissance” : le témoignage de Clara


Clara, 32 ans, tient son bébé de 8 mois dans les bras. Son regard exprime à la fois la fatigue et la détermination. « Depuis sa naissance, je n’ai rien reçu de son père. Il travaille, il gagne bien sa vie, mais quand je lui demande de l’aide pour le lait en poudre, les couches ou même une tenue, il dit simplement. ‘Je ne donne rien.’ »


Elle raconte comment chaque jour est un défi. « Je dois courir partout, emprunter à des amies, vendre des vêtements pour pouvoir nourrir mon bébé, faire la ménagère au quartier. Et pendant ce temps, lui continue sa vie, dépense pour ses loisirs, pour d’autres enfants, mais ignore totalement son propre fils. »


Le combat pour l’école : une bataille sans fin


À l’âge de l’école maternelle, les besoins de l’enfant se multiplient. Tenue scolaire, cahiers, crayons, livres. Chaque rentrée devient un casse-tête. Selon Julie, mère de deux enfants, « j’ai essayé de le rencontrer, d’en parler à ses parents et à ses amis. Rien n’a changé. Il a dit haut et fort qu’il ne donnerait rien. Il sait très bien que c’est son enfant. »


Pour beaucoup, ce refus prolongé entraîne des sacrifices importants. Les mères jonglent entre plusieurs petits emplois, demandent de l’aide à leur famille ou à la communauté, tout en gardant une apparence de normalité face à leur enfant. Le poids de cette responsabilité solitaire pèse sur leur santé physique et mentale.


La persévérance malgré l’injustice


Malgré ces obstacles, les mères trouvent des stratégies pour assurer l’avenir de leurs enfants. Martine, mère d’un adolescent aujourd’hui au lycée, raconte son calvaire. « J’ai travaillé, parfois jusqu’à tard le soir. Je voulais que mon fils ait une scolarité normale, des livres, des vêtements corrects, malgré le fait que son père n’ait jamais contribué. »


Certaines choisissent de ne pas aller au tribunal, craignant la complexité du système judiciaire et le temps que cela demanderait. Elles préfèrent se concentrer sur l’enfant, assurer sa scolarité et sa sécurité, et éviter des conflits qui risqueraient de fragiliser leur quotidien.


L’enfant au centre du silence du père


Le refus de contribuer ne touche pas uniquement la mère. Iil affecte directement l’enfant. Des psychologues tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences de ce désengagement prolongé. Sentiment d’abandon, difficultés à construire une relation avec le père, voire des troubles émotionnels à long terme.


Certains enfants, pourtant conscients que leur père pourrait les aider, apprennent à se débrouiller seuls ou à dépendre entièrement de leur mère. Et pendant ce temps, le père continue sa vie normalement, parfois en élevant d’autres enfants issus d’une union avec une autre femme.


Une réalité à grande échelle au Gabon


Cette situation est généralisée dans le Gabon et tous les jours, les mères passent des mauvais moments très difficiles. Selon des associations de défense des droits des enfants au Gabon et le ministère des Affaires sociales, de nombreuses mères vivent cette injustice. Les hommes concernés sont souvent connus pour leur réussite professionnelle, mais refusent obstinément de participer aux dépenses de leurs enfants. Les mères, quant à elles, deviennent les seules garantes du bien-être de l’enfant, et parfois, leur seule figure de stabilité.


Les conséquences se prolongent jusqu’à l’université. Nourriture, fournitures, logement, transport. Les mères continuent à porter seules la charge financière. La société, en restant silencieuse, reproduit une forme d’injustice structurelle. Pourtant, chaque réussite scolaire ou professionnelle de l’enfant est une victoire silencieuse de la mère.


Une application stricte des lois sur la pension alimentaire 


Des voix s’élèvent pour rappeler que cette situation est une violation du droit de l’enfant à être soutenu par ses deux parents. Les femmes juristes demandent une application stricte des lois sur la pension alimentaire et un accompagnement pour les mères dans leurs démarches judiciaires.


« Ce n’est pas seulement une question de droit pour la mère, c’est un droit fondamental pour l’enfant », insiste Jeanne, juriste spécialisée en droit familial. « L’enfant a le droit d’être nourri, scolarisé et protégé, peu importe la situation financière du père. »


Reconnaître et documenter ces situations est très important. Chaque témoignage, chaque action juridique, chaque soutien permet de réduire l’injustice et de protéger les enfants vulnérables.


Les mères sont des héroïnes silencieuses


Malgré les obstacles, ces mères gabonaises continuent de se battre, avec courage et détermination. Elles affrontent quotidiennement l’indifférence et la méchanceté de certains pères pour assurer un avenir décent à leur enfant. Chaque sourire, chaque réussite scolaire, est une victoire face à l’irresponsabilité paternelle.

Par Pamphil

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