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QUAND LES ENFANTS VOLENT À LA MAISON, DU TÉLÉPHONE PORTABLE AUX GROSSES SOMMES D’ARGENT

QUAND LES ENFANTS VOLENT À LA MAISON, DU TÉLÉPHONE PORTABLE AUX GROSSES SOMMES D’ARGENT
Vols d’enfants à la maison : argent, objets et comportements à surveiller

Dans de nombreuses familles, les parents sont confrontés à un problème aussi douloureux que difficile à résoudre. Le vol commis par leurs propres enfants. Au début, cela semble souvent anodin. Quelques pièces qui disparaissent sur la table, un billet manquant dans le sac de maman ou dans la poche de papa. Les parents pensent parfois à une erreur, à un oubli. Pourtant, dans certains cas, ces petits incidents marquent le début d’un comportement qui peut s’aggraver avec le temps.


Les premières sommes dérobées sont généralement modestes. L’enfant prend 500 francs CFA, puis 2 000 francs CFA. Rien qui ne semble vraiment alarmant au premier regard. Mais progressivement, les montants augmentent. 10 000 francs CFA disparaissent, puis 50 000 francs CFA, parfois même 100 000 francs CFA. Dans certaines familles, le phénomène devient plus grave encore, avec des sommes atteignant des centaines de milliers, voire des millions de francs CFA.


Une évolution inquiétante


Au fil du temps, certains enfants développent des méthodes de plus en plus audacieuses. Ils observent leurs parents, retiennent leurs habitudes et cherchent des moyens d’accéder plus facilement à l’argent. Certains finissent par connaître le mot de passe du mobile money de papa ou de maman et subtilisent de l’argent. D’autres profitent d’un moment d’inattention pour prendre la carte bancaire familiale.


Avec ces moyens, ils retirent de l’argent ou effectuent des transactions sans l’autorisation des parents. Les familles découvrent souvent ces retraits tardivement, lorsque le solde du compte a déjà fortement diminué. Parfois lorsque l’enfant revient avec de nouveaux téléphones portables ou de nouveaux habits ou après une fête que le voleur a organisée avec ses amis. Le choc est d’autant plus grand que l’auteur de ces actes est leur propre enfant.


Quand les objets disparaissent


L’argent n’est pas le seul bien concerné. Dans certaines maisons, ce sont des objets qui commencent à disparaître. Au départ, il s’agit de petites choses. Un téléphone, une montre ou une paire de chaussures. Puis les vols deviennent plus importants.


Certains jeunes prennent tout ce qui peut être vendu ou échangé. Des écrans plasma, des ordinateurs, des téléphones Android, des bijoux appartenant à la mère ou encore des robes. Parfois même les tapis du salon ou des outils de beauté disparaissent. Les perruques, les peignes, les accessoires personnels de maman ne sont pas épargnés.


Peu à peu, la maison familiale se transforme en lieu d’inquiétude. Chaque objet laissé sans surveillance risque de disparaître. Les parents vivent alors dans une atmosphère de méfiance permanente.


La voiture familiale utilisée sans autorisation


Dans les situations les plus extrêmes, certains enfants vont encore plus loin. Ils prennent la voiture familiale sans permission. Souvent, ils n’ont même pas de permis de conduire.


Ces escapades se terminent parfois par des accidents. Les parents découvrent alors les dégâts matériels, mais aussi les conséquences légales possibles. En plus du choc émotionnel, ils doivent faire face à des dépenses imprévues et à des démarches administratives compliquées.


Des parents dépassés


Face à cette situation, de nombreux parents tentent différentes solutions. Certains choisissent la manière forte. Le père peut battre ou punir sévèrement l’enfant dans l’espoir de corriger son comportement. Mais dans beaucoup de cas, ces méthodes ne donnent pas les résultats espérés.


D’autres parents décident de faire intervenir les autorités. La mère, désespérée, peut aller déposer une plainte à la police. Il arrive que l’enfant soit placé en cellule pendant quelque temps afin de lui donner une leçon. Dans certains cas, les gendarmes interviennent également, parfois à la demande du père.


Cependant, même ces mesures ne suffisent pas toujours à provoquer un changement durable.


Des enfants qui ne changent pas


Malgré les sanctions, certains jeunes continuent leurs actes. Ils quittent parfois la maison pour vivre ailleurs, chez des amis ou dans d’autres quartiers. Pourtant, lorsqu’ils reviennent dans la maison familiale, les mêmes problèmes réapparaissent.


Chaque visite se termine par la disparition d’objets ou d’argent. Les parents commencent alors à cacher leurs biens ou à verrouiller certaines pièces. Mais la confiance, elle, est déjà brisée.


Ce phénomène crée souvent des tensions familiales terribles. Les frères et sœurs peuvent également se sentir affectés par cette situation, car l’ambiance à la maison devient lourde et délétère. 


Un problème familial et social


Les spécialistes de l’éducation expliquent que ces comportements peuvent avoir plusieurs causes. Manque de dialogue, mauvaises fréquentations, désir de paraître riche devant les amis ou encore absence de repères solides.


Dans certains cas, le jeune peut aussi être influencé par un environnement où l’argent facile et la consommation rapide sont valorisés. Les réseaux sociaux, les pressions du groupe ou le chômage peuvent également jouer un rôle.


Cependant, chaque situation reste différente. Ce qui est certain, c’est que le problème ne se limite pas seulement à la famille. Lorsqu’il n’est pas corrigé à temps, ce type de comportement peut conduire à des actes plus graves à l’extérieur. Vols dans les commerces, escroqueries ou délinquance. Le cercle vicieux est bouclé. Enfin c’est la prison, le dernier étage programmé. 


L’importance du dialogue


Face à cette réalité, de nombreux éducateurs insistent sur l’importance du dialogue et de l’accompagnement. La punition seule ne suffit pas toujours. Les parents sont encouragés à discuter avec leurs enfants, à comprendre leurs motivations et à chercher de l’aide si nécessaire.


14 dossiers judiciaires pour vol aggravé 


Au Gabon, la délinquance juvénile liée aux vols est une réalité préoccupante dans plusieurs villes. Par exemple, à Port‑Gentil, au moins 14 dossiers judiciaires pour vol aggravé impliquant des mineurs ont été enregistrés lors d’une session spéciale du tribunal pour enfants. Dans un autre cas, deux adolescents ont été condamnés à 3 ans de prison pour vol avec intimidation. Dans plusieurs affaires, des mineurs de 13 à 17 ans ont été écroués pour vol aggravé, illustrant une part significative des comportements délictueux chez les jeunes. 


 

Par Pamphil

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