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LES DESSOUS FINANCIERS DU CHAMPIONNAT GABONAIS, QUI GAGNE VRAIMENT ?

LES DESSOUS FINANCIERS DU CHAMPIONNAT GABONAIS, QUI GAGNE VRAIMENT ?
Championnats gabonais, budgets des clubs, jeunes talents et financement du football local

Le football gabonais est en chute. Malgré un financement de l’Etat gabonais depuis plusieurs années, rien ne marche. Car il y a des réalités financières souvent méconnues. Qui tire réellement profit du championnat gabonais ? Comment les clubs gèrent-ils leurs budgets et leur formation ?  


Un championnat à plusieurs vitesses


Le championnat national de football, le National Foot 1, regroupe cette année 14 clubs dont les moyens varient considérablement. Le célèbre AS Mangasport bénéficie d’un soutien quasi industriel grâce à son appartenance à la société minière Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), tandis que d’autres peinent à boucler un budget annuel. Selon les estimations internes, le budget moyen d’un club professionnel gabonais oscille entre 100 et 400 millions de francs CFA par saison.


Cependant, cette moyenne cache une disparité criante. Certains clubs ont la capacité de payer des salaires compétitifs et d’attirer des talents étrangers. À l’inverse, les autres équipes doivent se contenter des petits locaux grâce à de subventions de l’Etat et aux cotisations des membres influents de la sphère politique. Résultat. La compétition sur le terrain est souvent biaisée.


Les sponsors et les mécènes : des piliers invisibles


Le financement des clubs gabonais repose largement sur les subventions de l’Etat gabonais. Un géant du secteur minier injecte des fonds considérables dans son équipe Mangasport, espérant en retour un prestige médiatique et un impact social. A part Mangasport et la Comilog, qui possède le Henry-Sylvoz, l’argent de l’Etat n’a jamais permis aux clubs de première division d’acquérir un stade ou de mettre en place un centre de formation.


En plus de la subvention, les financements venus de mécènes jouent un rôle clé. Il peut s’agir d’hommes d’affaires locaux, d’hommes politiques ou de hauts cadres de l’administration publique ou privée gabonaise. Mais ces financements qui sont en dehors de la subvention publique, sont insuffisants. Cette dépendance aux financements étatiques expose les clubs à une instabilité chronique car ces clubs n'ont pas de sponsors dignes de ce nom. Conséquence. Des retards de paiement des salaires et la réduction des activités sportives.


La formation des jeunes talents : un marché en pleine croissance


L’une des grandes pauvreté du football gabonais réside dans l’absence d’académies de jeunes. Aucun club du National Foot 1 n’a compris que l’avenir se joue sur le développement des talents locaux. Il n’y a pas de clubs qui  investissent dans des programmes de formation, des encadreurs qualifiés et des compétitions internes pour identifier les pépites.


Dans ce contexte, il n'y aucun retour sur investissement. L’Etat dépense pour rien. Vendre un jeune talent à l’étranger peut rapporter entre 50 et 200 millions de francs CFA, selon le profil du joueur et le marché ciblé. Les clubs gabonais du National-Foot 1 ferment les yeux sur cette manne financière venant de la vente des joueurs. Il n’y a que Mangasport qui a vendu l’international tchadien Casimir Ninga il y a quelques années à Montpellier en France qui a pu se frotter les mains. 


Or, la gestion des jeunes est un véritable levier économique. Plus l’académie est performante, plus le club peut générer de revenus. 


Les salaires et les primes : qui en profite vraiment ?


L’un des mythes persistants autour du championnat gabonais est l’idée que tous les joueurs vivent dans le confort. En réalité, les écarts sont considérables. Les joueurs vedettes des clubs riches comme Mangasport peuvent percevoir jusqu’à 2 à 3 millions de francs CFA par mois, tandis que d’autres touchent à peine 200 000 à 300 000 francs CFA, souvent avec des retards de paiement, monnaie de singe. Il y a aussi beaucoup d'impayés de salaire.


Les primes de match et de performance représentent un autre levier de rémunération. Dans les équipes les plus nanties, elles constituent jusqu’à 30 % du revenu mensuel des joueurs. Cette réalité pousse les joueurs vers des clubs plus solvables.


Les budgets ne sont pas toujours publiés


Aucun club ne prospère. Car le championnat gabonais souffre encore d’un manque de transparence dans la gestion financière. Les mouvements comptables de la trésorerie ne sont pas jamais publiés, et les subventions étatiques ou municipales restent difficiles à tracer. La suspiscion et la méfiance règnent. Cette opacité nourrit les rumeurs sur des détournements ou des malversations, même si peu de cas ont été officiellement sanctionnés.


Les acteurs du football appellent depuis plusieurs années à une meilleure régulation. Un National-Foot 1 plus structuré pourrait non seulement attirer des investisseurs étrangers, des sponsors dignes de ce nom, mais aussi sécuriser les carrières des joueurs et la formation des jeunes talents.

Par Pamphil

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