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MATERNITÉ GÉANTE AU GABON, QUAND L’IRRESPONSABILITÉ SOCIALE FABRIQUE LA MISÈRE

MATERNITÉ GÉANTE AU GABON, QUAND L’IRRESPONSABILITÉ SOCIALE FABRIQUE LA MISÈRE
Maternité nombreuse au Gabon : pauvreté, responsabilité et avenir des enfants

Au Gabon,  subsiste une tragédie  que beaucoup préfèrent ignorer. Faire comme si elle n'existait pas. Celle de certaines maternités dites « géantes ». Des femmes, souvent seules, élèvent 14, 15 enfants, parfois davantage, dans des conditions de précarité extrême.


Il ne s’agit pas ici de juger gratuitement, mais de regarder les faits en face. Car lorsque la maternité devient incontrôlée, elle cesse d’être une bénédiction pour se transformer en spirale de pauvreté, voire en drame social.


Une descente programmée vers la pauvreté


Mettre au monde quinze enfants sans ressources stables, sans activité professionnelle, sans soutien familial solide, c’est s’exposer,  et exposer ses enfants,  à une misère presque inévitable. Cette situation n’est pas seulement difficile, elle est structurellement insoutenable.


Chaque naissance supplémentaire alourdit une charge déjà écrasante. Nourrir ces enfants devient un casse-tête quotidien. Les envoyer à l’école relève parfois de l’impossible. Les soigner correctement est un luxe inaccessible.


Dans ces conditions, la pauvreté ne recule pas, elle s’aggrave. Et ce sont les enfants qui paient le prix le plus lourd.


Des enfants victimes d’un choix qu’ils n’ont pas fait


Il faut avoir le courage de le dire. Ces enfants, nombreux dans un même foyer démuni, subissent une situation qu’ils n’ont jamais choisie. Grandir dans le manque constant, dans la promiscuité, dans l’incertitude du lendemain, laisse des traces profondes.


Certains abandonnent l’école très tôt. D’autres sombrent dans des comportements à risque. Beaucoup reproduisent, malgré eux, le même schéma de vie.


La question n’est donc plus seulement celle de la maternité, mais celle de la responsabilité. Donner la vie implique aussi de pouvoir offrir un minimum de conditions dignes à cette vie.


L’absence des pères, un facteur aggravant


Dans nombre de ces situations, un autre constat alarmant s’impose. L’absence des pères. Plusieurs enfants, issus de relations différentes, sans présence ni soutien des géniteurs. Une réalité qui accentue la vulnérabilité de ces familles.


Mais cette absence, aussi condamnable soit-elle, ne peut à elle seule expliquer l’ensemble du problème. Elle souligne plutôt un déséquilibre profond dans les choix de vie et dans la gestion des responsabilités parentales. Car au bout du compte, c’est toujours la mère qui reste seule face à une charge devenue insurmontable.


Entre fatalité et manque de prise de conscience


Il serait trop simple de tout mettre sur le dos de la fatalité ou de la tradition. Certes, l’accès à l’éducation sexuelle reste insuffisant. Certes, la précarité limite les choix. Mais cela ne doit pas empêcher une prise de conscience individuelle.


Savoir que l’on ne dispose pas des moyens nécessaires pour élever un grand nombre d’enfants devrait conduire à plus de prudence. La maternité ne peut être un enchaînement subi, sans réflexion ni projection.


Rester passive, attendre une aide extérieure hypothétique, espérer qu’un tiers viendra assumer ce qui relève d’abord de la responsabilité parentale, ne fait qu’aggraver la situation.


Une urgence sociale et morale


Le Gabon ne peut pas fermer les yeux sur cette réalité. Il y a urgence à agir, mais aussi à parler avec franchise. La compassion ne doit pas empêcher la lucidité.


Il est essentiel de renforcer l’éducation, notamment en matière de planification familiale. Il faut également responsabiliser davantage, accompagner sans déresponsabiliser, soutenir sans encourager des situations qui mènent à l’impasse.


Car une société qui tolère que des enfants grandissent dans un dénuement extrême, faute de prévoyance ou de cadre, compromet son propre avenir.


Redonner du sens à la maternité


Être mère, ce n’est pas seulement donner la vie. C’est préparer cette vie à affronter le monde avec dignité. Cela suppose des choix, parfois difficiles, mais nécessaires. Il ne s’agit pas de condamner les femmes, mais de rappeler une évidence. La liberté d’avoir des enfants s’accompagne d’une responsabilité immense. Et cette responsabilité ne peut être ignorée sans conséquences.


Un débat nécessaire, sans hypocrisie


Ce sujet dérange, parce qu’il touche à l’intime, à la culture, à la pauvreté. Mais le silence ne protège personne. Il entretient au contraire des situations de souffrance évitables.


Il est temps d’ouvrir un débat sincère, sans complaisance, mais avec humanité. Car derrière les chiffres, il y a des vies. Et ces vies méritent mieux que de devenir les variables d’une équation à plusieurs inconnues.




Par Pamphil

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