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GABON, LE FOOTBALL S’EFFONDRE, LE PAYS PLEURE

GABON, LE FOOTBALL S’EFFONDRE, LE PAYS PLEURE
Gabon football effondrement : stades vides, supporters en détresse nationale

Les chants et les applaudissements qui accompagnaient autrefois les exploits retentissants des équipes gabonaises en compétitions africaines de clubs et de la sélection nationale  semblent aujourd’hui appartenir à un passé lointain. Les supporters, habitués à se rassembler comme un seul homme derrière leurs héros, restent désormais à compter les défaites et les humiliations, le cœur lourd, incapables de croire à l’effondrement du sport roi.


Le Gabon, pays de talents footballistiques reconnus internationalement. On se souvient encore des prouesses du FC 105, de l’AS Sogara, de Mbinlinga, d’Ombilanziami, de Shell Sport, de Téléstars, de Missile, de l’USB, en compétitions africaines, de Théodore Nzué Nguema, de Claude Mvé Mintsa, d’Alain Djissikadié, de  Vianney Mabidey, de Samuel Raouto, d’Etienne Kassa Ngoma, de Romaric Lignandzi, dans le National-Foot 1. Ce football gabonais qualifié de Brésiliens d'Afrique se retrouve face à une réalité inquiétante. Ce football local s’étiole, et avec lui, une partie de l’âme du pays.


Des clubs à bout de souffle


Dans les coulisses, la situation est encore plus dramatique. Les clubs peinent à honorer leurs engagements financiers, les infrastructures tombent en ruines, et la formation des jeunes talents est délaissée. Le complexe omnisport Omar Bongo, autrefois rempli de chants et de cris, est aujourd’hui un espace fantomatique. La pelouse est envahie de broussailles, les vestiaires endommagés, et les jeunes footballeurs, désabusés, quittent le football pour chercher des opportunités ailleurs avec amertume. Et dans chaque larme versée pour nos équipes, c’est tout un peuple qui ressent l’abandon, l’injustice et la nostalgie d’un passé plus lumineux.


Un entraîneur gabonais, qui a préféré rester anonyme, confie. « Nous avons perdu l’esprit du football ici. Les jeunes se découragent, et le public pleurt. Comment espérer construire un futur si les bases s’effondrent ? »


La désillusion des supporters


Pour les supporters, le choc est d’autant plus cruel qu’ils se sentent trahis par un système qui semblait prometteur. Dans les rues de Libreville, des fans de tous âges témoignent de leur peine. Claudine, infirmière de 38 ans, raconte. « J’ai grandi en allant au stade avec mon père. Aujourd’hui, quand je regarde les matchs, je pleure. Ce n’est plus le Gabon que je connais. »


Les jeunes, eux, ont perdu leurs modèles locaux. Ils n’ont plus ces figures emblématiques au sein du National Foot 1 qui incarnaient la fierté nationale sur le terrain. Les exploits passés semblent appartenir à une autre époque, et l’avenir paraît incertain.


Une crise qui dépasse le sport


L’effondrement du football au Gabon n’est pas qu’une question de sport. Il touche le pays dans sa profondeur sociale et culturelle. Le football a toujours été un ciment national, un langage commun capable de réunir des communautés entières autour d’un même rêve. Sa dégradation provoque un sentiment de vide, une fracture dans le quotidien des Gabonais.


Les analystes politiques et sociaux tirent la sonnette d’alarme. Un pays qui perd son football perd aussi une part de sa cohésion. Les célébrations de victoire et les rassemblements de supporters, moments de communion nationale, existent mais pour pleurer après une défaite.


Le Gabon pleure aujourd’hui son football 


Le Gabon pleure son football. Le cœur est lourd, douloureux.


Les supporters ont  l’âme vide. Pour beaucoup, le football n’était pas seulement un jeu. C'était un souffle de vie, un moment où tout le pays se retrouvait, le temps de 90 minutes, dans la même passion pour célébrer une qualification de l’AS Sogara en finale de Coupe d’Afrique, du FC 105 en quart de finale, ou de la JAC en demi finale. Aujourd’hui, ce souffle s’est éteint.


Des clubs au bord de l’abîme


Les clubs sont à genoux. Les entraîneurs ne sont plus payés régulièrement, les jeunes talents payés en monnaie de singe désertent, et les sponsors ont tourné le dos.


Jean-Claude, entraîneur d’une équipe locale depuis vingt ans, raconte, la voix tremblante. « J’ai vu des enfants courir sur des terrains boueux avec des rêves plein les yeux. Aujourd’hui, ils partent. Ils partent pour ne jamais revenir. Et je me sens impuissant… »


Les infrastructures construites pendant les CAN 2012 et CAN 2017, autrefois fières et symboles de modernité, s’effritent. 


La douleur des supporters


Dans les quartiers de Libreville, on croise des visages fatigués, des larmes qui roulent silencieusement. Claude, un homme de 38 ans, serre les dents. « Aujourd’hui, rien. Juste le vide… Le football, c’était notre famille. Maintenant, cette famille est morte. »


Les exploits passés paraissent appartenir à une autre vie, à un autre Gabon. Et chaque soir, le silence des stades semble hurler aux habitants. « Vous avez perdu quelque chose de précieux. »


Le Gabon pleure aujourd’hui son football, mais ces larmes sont aussi un témoignage d’amour, de mémoire.


 

Par Pamphil

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