GABON, CLUBS HUMILIÉS DANS LES COMPÉTITIONS AFRICAINES, LES RÊVES DES SUPPORTERS ASSASSINÉS
Il y a des soirs où le silence fait plus de bruit que les cris. Des soirs où l’on éteint la télévision avant même le coup de sifflet final, incapable de regarder une nouvelle humiliation. Depuis douze longues années, le football gabonais vit ces nuits de honte, ces lendemains de tristesse où les supporters se réveillent avec les yeux gonflés, le cœur lourd et l’âme brisée.
Une douleur qui ne passe plus
Les clubs ne tombent plus. Ils s’effondrent. Ils ne perdent plus. Ils sont balayés.
En Ligue des champions de la CAF comme en Coupe de la Confédération, le scénario est devenu insupportablement répétitif. Tour préliminaire. Élimination. Rideau. Et quand, par miracle, un club parvient à franchir cette première marche, l’espoir renaît timidement avant d’être écrasé sans pitié en seizièmes de finale.
Et parfois, très rarement, un club gabonais atteint les huitièmes de finale. Là encore, le rêve s’arrête net. Toujours au même endroit. Comme une malédiction qui refuse de nous quitter.
Le cycle infernal de la désillusion
Douze ans. Douze années sans voir un seul club gabonais atteindre les phases de groupes. Douze années sans goûter à l’ivresse du dernier carré. Douze années à regarder les autres nations écrire leur histoire pendant que nous effaçons la nôtre.
Comment ne pas pleurer ?
Chaque campagne africaine devient un supplice. Les supporters y vont avec espoir, avec foi, avec amour et en ressortent meurtris. Les tribunes se vident, les cœurs se ferment, et les rêves s’éteignent les uns après les autres.
CF Mounana, Mangasport, Bouenguidi Sports, le Centre Mberi Sportif. Ces clubs, qui ont porté nos couleurs avec courage, sont aussi devenus les témoins de nos défaites les plus cruelles. Des scores lourds. Des matchs à sens unique. Des soirées où l’on a vu nos équipes courir derrière le ballon comme des ombres perdues.
Ce ne sont plus des défaites. Ce sont des humiliations.
Quand l’honneur d’un pays vacille
Le football n’est pas qu’un jeu. Chez nous, il est une fierté nationale. Il est ce moment où le Gabon tout entier se rassemble, où les différences disparaissent, où l’on chante d’une seule voix.
Mais aujourd’hui, que nous reste-t-il ?
Des souvenirs fanés. Des illusions brisées. Et cette sensation terrible d’être devenus spectateurs de notre propre déclin.
Voir nos clubs tomber encore et encore, c’est comme recevoir un coup au cœur. C’est voir notre drapeau perdre de son éclat sur la scène africaine. C’est entendre les moqueries, sentir le mépris, et ne rien pouvoir répondre.
L’honneur d’un pays ne devrait jamais être ainsi piétiné.
Les larmes des fidèles
TV+Afrique pense à ces supporters qui continuent d’y croire. Ceux qui économisent pour aller au stade. Ceux qui prient avant chaque match. Ceux qui chantent même quand tout semble perdu.
Ce sont eux, les véritables victimes.
Car à chaque élimination, ce sont leurs rêves que l’on assassine. Ce sont leurs espoirs que l’on enterre. Ils rentrent chez eux en silence, parfois les larmes aux yeux, parfois incapables de parler.
Certains pleurent ouvertement. D’autres souffrent en silence. Mais tous partagent cette même douleur. Celle d’aimer un football qui ne leur rend plus rien.
Jusqu’à quand ?
La question brûle toutes les lèvres. Jusqu’à quand les Gabonais vont-ils accepter cela ?
Jusqu’à quand les Gabonais vont-ils continuer à regarder leurs clubs sombrer sans réagir ? Jusqu’à quand les Gabonais vont-ils se contenter de participer sans jamais exister ?
Le Gabon mérite mieux. Ses supporters méritent mieux. Son histoire mérite mieux.
Car aujourd’hui, ce n’est pas seulement une question de résultats. C’est une question de dignité. Une question d’âme.