CAMEROUN, ADOPTION DU PROJET DE LOI RELATIF AU POSTE DE VICE-PRÉSIDENT
Réunis en Congrès ce samedi 4 avril au Palais de Verre Paul Biya à Yaoundé, députés et sénateurs ont adopté à une écrasante majorité le projet de loi portant révision de la Constitution. Sur 222 votants, 200 se sont prononcés en faveur du texte, 18 contre et 4 se sont abstenus. Déjà validé en commission, ce projet marque un tournant institutionnel majeur pour le Cameroun, souvent qualifié « d’Afrique en miniature ».
Naissance d’une Vice-présidence
Au cœur de cette réforme figure la création d’un poste de Vice-président de la République. Avec ce changement, le pays adopte une nouvelle architecture du pouvoir exécutif, désormais articulée autour de deux figures clés. Un président élu et un vice-président nommé. Cette innovation rompt avec l’ordre constitutionnel actuel, qui confiait l’intérim du pouvoir au président du Sénat en cas de vacance.
Un pouvoir exécutif redéfini
Le vote massif du Congrès donne un blanc-seing au projet porté par le président Paul Biya. Dans les prochains jours, le chef de l’État devrait promulguer la loi et procéder à la nomination du premier vice-président. Cette réforme, inscrite dans le projet de loi n° 2094 du 2 avril, ouvre ainsi une nouvelle ère politique, redessinant les équilibres institutionnels du pays.
Entre espoirs et contestations
Si certains saluent une avancée vers une gouvernance modernisée, la réforme suscite de vives interrogations. Des figures de l’opposition dénoncent un dispositif susceptible de confisquer davantage le pouvoir décisionnel du peuple. Le débat reste donc ouvert sur les implications réelles de cette transformation constitutionnelle.