GABON | FOOTBALL : SILENCE GÊNANT DU MINISTRE DES SPORTS FACE À LA CONTESTATION DE LA FEGAFOOT
La crise qui secoue actuellement le football gabonais, marquée par une mobilisation des joueurs et une lettre ouverte adressée au président Brice Clotaire Oligui Nguema, met en lumière un vide de communication du ministère de la Jeunesse et des Sports. Plusieurs semaines après la validation d’une candidature unique à la présidence de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), les protestations de joueurs, associations et citoyens se multiplient, mais sans que le ministre chargé du sport n’ait formulé de position claire à ce sujet.
Un débat public intense, un ministre discret
Depuis que Pierre‑Alain Mounguengui a été confirmé comme seul candidat officiel pour un nouveau mandat à la tête de la FEGAFOOT, les voix critiques se sont fait entendre, dénonçant notamment l’absence de concurrence démocratique dans le processus électoral.
Dans la foulée, une marche pacifique prévue début avril 2026 a été empêchée par les forces de l’ordre, et une lettre ouverte rendue publique le 5 avril 2026 a été adressée au président de la République, dénonçant des dossiers sensibles tels que des abus sexuels sur mineurs, des promesses non tenues et une exigence de justice et de transparence dans la gouvernance du football.
Pourtant, malgré l’ampleur de ces critiques et leur dimension nationale, aucune déclaration significative n’a été faite par le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, Paul Ulrich Kessany, sur ces questions spécifiques.
Un silence qui interroge les acteurs du sport
Ce silence contraste avec d’autres interventions sportives du ministère cette année, notamment une lettre publiée en janvier 2026 pour lever la suspension de l’équipe nationale après la CAN 2025 et réintégrer certains joueurs, où le ministre avait clairement pris position pour faciliter la préparation des sélections nationales.
Mais sur la crise actuelle autour de la FEGAFOOT un sujet qui mêle gouvernance, justice, éthique et avenir du football gabonais le ministre n’a ni condamné, ni pris parti, ni proposé de mécanisme de médiation entre les parties. Cette absence d’engagement officiel soulève des questions au sein des cercles sportifs et politiques, qui y voient un manque de leadership dans un dossier devenu hautement sensible.
Des attentes citoyennes fortes
Pour des dizaines de footballeurs et supporters gabonais, cette crise dépasse le simple cadre sportif. L’affaire ravive des controverses antérieures — dont des allégations historiques d’abus sexuels dans le football, qui avaient conduit à des enquêtes et à la mise en examen du président de la FEGAFOOT en 2022 pour non‑dénonciation de crimes de pédophilie.
Désormais, les signataires de la lettre ouverte exigent non seulement la transparence dans le processus électoral, mais aussi une réaction claire des autorités publiques, dont le ministre des Sports, dont le silence est perçu comme un manque de responsabilité dans un moment clé pour le football national.