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GABON, UN EXCÉDENT COMMERCIAL RECORD DE 2024 À 2025, MAIS FRAGILISÉ POUR 2026

GABON, UN EXCÉDENT COMMERCIAL RECORD DE 2024 À 2025, MAIS FRAGILISÉ POUR 2026
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Le Gabon continue d’afficher une résilience remarquable sur le front du commerce extérieur. Entre 2023 et 2025, notre pays a maintenu un excédent commercial constant, confirmant la solidité de son modèle économique fondé sur l’exportation des matières premières. Toutefois, derrière ces performances flatteuses se dessinent déjà des fragilités structurelles qui interpellent à l’approche de 2026.


Une trajectoire excédentaire confirmée depuis 2023


En 2023, la balance commerciale du Gabon a enregistré un excédent significatif de 3 370,8 milliards de FCFA, traduisant la vigueur des exportations, dominées par le pétrole brut. Ce niveau, déjà élevé, a servi de socle à une progression en 2024.


L’année 2024 a marqué une consolidation de cette dynamique. L’excédent commercial a atteint 3 433,5 milliards de FCFA, soit une hausse de +1,9 % sur un an, selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette progression, bien que modérée, repose sur une évolution contrastée des produits d’exportation.


D’un côté, les exportations pétrolières ont connu un léger repli, estimé à environ -2,5 %, sous l’effet combiné de la volatilité des cours internationaux et d’une production nationale en stagnation. De l’autre, certains produits stratégiques ont fortement tiré la croissance.


Le manganèse et l’or, nouveaux piliers de la performance


Le manganèse s’impose désormais comme un levier majeur. En 2024, ses exportations ont progressé de +14,3 %, confirmant la montée en puissance de ce minerai dont le Gabon est l’un des principaux producteurs mondiaux. Cette performance s’explique notamment par une demande soutenue de l’industrie sidérurgique et des batteries électriques.


Plus spectaculaire encore est l’envolée de l’or, avec une croissance exceptionnelle de +183,3 % des exportations. Ce bond traduit les efforts récents d’intensification de l’exploitation aurifère, mais aussi un meilleur encadrement du secteur artisanal.


En parallèle, le bois transformé continue de jouer un rôle stabilisateur, même si sa progression reste plus modérée, autour de +5 % en 2024.


2025 : stabilité en trompe-l’œil


Pour 2025, les projections indiquent le maintien d’un excédent commercial, confirmant la solidité des fondamentaux extérieurs du pays. Toutefois, certains indicateurs appellent à la prudence.


La balance des transactions courantes devrait reculer, passant de 4,5 % du PIB en 2024 à 2,2 % en 2025, soit une baisse de plus de moitié. Cette contraction traduit une augmentation des importations, notamment en biens d’équipement et en produits alimentaires, dans un contexte de reprise économique interne.


Autrement dit, si le commerce extérieur reste excédentaire, la marge de manœuvre se réduit progressivement.


Une dépendance persistante au pétrole


Malgré les efforts de diversification, le pétrole représente encore environ 80 % des exportations totales du Gabon. Cette dépendance expose l’économie nationale aux fluctuations des marchés internationaux.


Chaque variation de 10 dollars du baril peut ainsi avoir un impact direct de plusieurs centaines de milliards de FCFA sur les recettes d’exportation. Une vulnérabilité qui demeure préoccupante, surtout dans un contexte de transition énergétique mondiale.


Des partenaires commerciaux en mutation


Le paysage des partenaires commerciaux évolue également. L’Inde et la Malaisie figurent désormais parmi les clients dont les commandes ont le plus progressé ces dernières années.


L’Inde, en particulier, renforce sa position avec une hausse estimée à +12 % de ses importations en provenance du Gabon, notamment en pétrole et en manganèse. La Malaisie, quant à elle, accroît ses achats de produits forestiers et miniers.


Cette diversification géographique constitue un atout, mais elle reste encore insuffisante pour compenser les risques liés à la concentration sectorielle.


Quelles perspectives pour 2026 ?


À l’horizon 2026, plusieurs tendances se dessinent. D’abord, la poursuite de la demande mondiale en minerais stratégiques pourrait continuer de soutenir les exportations gabonaises, notamment dans le manganèse, dont la croissance pourrait se situer autour de +8 % à +10 %.


Cependant, le pétrole devrait voir sa contribution relative diminuer, sous l’effet de la transition énergétique et d’une pression accrue sur les prix. Certains analystes anticipent une baisse de -3 % à -5 % des recettes pétrolières si les cours restent sous la barre des 75 dollars le baril.


Dans ce contexte, la stratégie de diversification devient impérative. Le développement de chaînes de valeur locales, notamment dans la transformation du bois et des minerais, pourrait permettre d’augmenter la valeur ajoutée des exportations de +15 % à +20 % à moyen terme.


Entre opportunités et urgences structurelles


Le Gabon peut se targuer d’une position extérieure solide, rare dans la sous-région. Mais cette performance repose encore sur des bases étroites. L’excédent commercial, bien que réel, masque des déséquilibres structurels.


Cependant, la richesse d’un pays ne se mesure pas seulement à ses excédents, mais à sa capacité à les rendre durables.


 


 

Par Pamphil

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