BILLIE-BY NZE PLACÉ SOUS MANDAT DE DÉPÔT, RÉACTION DU PARTI « ENSEMBLE POUR LE GABON »
Le climat politique gabonais connaît une nouvelle zone de turbulence. Dans une déclaration rendue publique, le parti « Ensemble pour le Gabon » revient sur l’interpellation de son président, Alain Claude Billie-By-Nze, survenue le 15 avril 2026. Selon le parti, cette arrestation s’est déroulée dans des conditions jugées « rocambolesques » devant sa résidence privée située dans la commune d’Akanda.
D’après les éléments rapportés, l’ancien Premier ministre aurait été conduit dans les locaux de la Direction générale de la recherche, où il lui aurait été notifié qu’il s’agirait d’une affaire remontant à 2008. Une situation que ses partisans qualifient déjà de « surprenante » et difficile à comprendre.
Une affaire ancienne remise au goût du jour
Au cœur de cette affaire figure l’organisation de la fête des sculptures, dont Alain Claude Billie-By-Nze était le président du comité d’organisation à l’époque. Une personne, dont l’identité n’a pas été révélée, aurait avancé une somme d’environ cinq millions de francs CFA sous forme de prêt remboursable par l’État.
Selon cette source, la somme n’aurait jamais été remboursée, ce qui constitue aujourd’hui le fondement de la procédure. Toutefois, le parti s’interroge sur le fait qu’un tel dossier ressurgisse après « dix-huit ans », et surtout qu’il soit directement imputé à son président. Pour ses responsables, cette situation semble « incohérente » et soulève de nombreuses interrogations.
Des soupçons de motivations politiques
Dans sa déclaration, « Ensemble pour le Gabon » évoque clairement un « arrière-plan politique ». Le parti rappelle que son leader s’oppose ouvertement au pouvoir en place depuis le coup d’État du 30 août 2023. Ses prises de parole répétées contre la gouvernance actuelle auraient, selon ses soutiens, fini par « déranger ».
Le texte souligne également que Alain Claude Billie-By-Nze apparaît désormais comme une « cible principale » du régime. Une situation qui s’inscrirait dans un contexte marqué par une montée des tensions sociales et une contestation croissante.
Un climat de plus en plus tendu
Le parti dénonce un environnement politique qu’il juge « inquiétant », évoquant des arrestations, des surveillances et des pressions visant journalistes, syndicalistes et lanceurs d’alerte. Selon lui, ces pratiques traduisent une « fébrilité » du pouvoir face à la contestation.
Dans ce contexte, l’interpellation de son président serait un nouvel exemple de méthodes jugées « arbitraires » et « antidémocratiques ». Le parti estime que ces actions compromettent toute perspective de démocratisation et fragilisent davantage l’État de droit.
Appel à la mobilisation
Réuni en comité de crise le 16 avril 2026, le bureau exécutif du parti a fermement condamné cette interpellation ainsi que ce qu’il qualifie de « séquestration » dans les locaux des services de sécurité. Il lance un appel à l’opinion nationale et internationale pour dénoncer les « dérives autocratiques ».
Enfin, « Ensemble pour le Gabon » exige la libération « immédiate et sans condition » de son président. Le parti appelle également ses militants, sympathisants et tous les défenseurs des libertés à se mobiliser afin de « faire échec » à ce qu’il considère comme une atteinte grave aux droits fondamentaux.