tvplusafrique

Justice

INTERPELLATION DE L'ENTREPRENEUR DU CHANTIER DU LYCÉE D'ETAT DE PORT-GENTIL

INTERPELLATION DE L'ENTREPRENEUR DU CHANTIER DU LYCÉE D'ETAT DE PORT-GENTIL
Chantier lycée Joseph Ambourouet Avaro : enquête, retard, surcoût et gestion des fonds

À Port-Gentil, Arsène Boundzanga, le responsable de l'entreprise adjudicataire des travaux du lycée Joseph Ambourouet Avaro, se trouve depuis quelques jours en garde à vue. Cette détention fait suite à des soupçons liés à un retard dans la livraison du chantier et à une demande de rallonge budgétaire de 900 millions de francs CFA pour achever les travaux.


Un chantier marqué par des retards


Le chantier du lycée Joseph Ambourouet Avaro, dont la livraison était attendue depuis plusieurs mois, a pris du retard. Ce retard, combiné à une demande d'augmentation du budget pour finaliser les travaux, a suscité des interrogations et conduit à l’ouverture d’une enquête. Arsène Boundzanga, en tant que responsable de l'entreprise, a été interpellé par les services de la Direction Générale de la Recherche (DGR), à la demande du procureur de la République.


Préfinancement et surcoût


Arsène Boundzanga, dans une déclaration, a expliqué que son entreprise avait préfinancé les travaux à hauteur de plus de 70 millions de francs CFA. À ce jour, 1 milliard 783 millions ont été perçus en quatre tranches pour un chantier dont le coût total initial était de 3 milliards 400 millions. Ce montant a été réévalué à la suite de séances de travail et de contre-expertise, augmentant le budget de 900 millions de francs CFA. Selon lui, les fonds engagés ont permis de poursuivre le chantier malgré les difficultés, notamment la nécessité de louer des bateaux pour transporter le matériel depuis Libreville.


« Nous avons préfinancé les travaux de lancement à hauteur de plus de 70 millions. Actuellement, nous avons perçu en quatre tranches 1 milliard 783 millions et quelques pour un chantier de 3 milliards 400 millions. Les 3 milliards 400 millions ont été revus sous par séance de travail et contre-expertise de la task force, ce qui a ramené au-delà du budget initial une plus-value de 900 millions. Il nous a fallu engager des fonds propres hors marge pour louer des bateaux pour approvisionner notre chantier depuis Libreville. Alors que beaucoup de chantiers du CTRI étaient en arrêt, le chantier du lycée d'État n'a jamais été en arrêté", a-t-il précisé, soulignant les efforts déployés pour maintenir le chantier en activité malgré les contraintes financières et logistiques.


Les raisons de l'enquête


L'enquête en cours vise à comprendre les causes du retard dans l'exécution des travaux et à vérifier si des irrégularités financières ont été commises. En effet, la demande de rallonge budgétaire de 900 millions de francs CFA a créé une situation délicate, avec des accusations de mauvaise gestion. Le bureau d'étude chargé de l'évaluation initiale des travaux semble avoir commis des erreurs dans ses calculs, ce qui a contribué à un écart entre le montant alloué par l'État et les coûts réels du chantier.


"Je suis injustement détenu après avoir investi bien plus que ce que j'ai perçu", a déclaré Arsène Boundzanga. Selon lui, une expertise des travaux permettrait de prouver que ses investissements dépassent largement les fonds reçus de l'État gabonais. Il a précisé qu'un paiement en cours auprès de l'ordonnateur de crédit, Mays Mouissi, devrait permettre de régler une partie de ces dépenses.


Des stocks de matériel et une attente de paiement


Arsène Boundzanga a également indiqué que son entreprise dispose de stocks de matériel déjà acheté pour la suite des travaux, en attendant la libération des fonds. « Je suis injustement détenu ici après avoir investi au-delà de son perçu. Mais il suffit de faire une expertise. Au Gabon, il y a des experts ; si on expertise mes travaux, on va bien se rendre compte que je suis au-delà de ce que l'État m'a remis déjà. Et je compte sur ce paiement que nous attendons qui est déjà en process auprès de l'ordonnateur de crédit, monsieur Mays Mouissi. Le président de l'Assemblée nationale qui est signataire a déjà signé. Ils nous ont demandé le RIB, nous l'avons envoyé et nous attendons d'être payés ; mais en attendant nous avons des stocks de matériel déjà achetés hormis les containers », a-t-il expliqué, faisant état de la situation difficile de son entreprise en raison de ces paiements en retard.


Il a également mentionné que 200 millions de francs CFA avaient été répartis entre le bureau d'étude et le bureau de contrôle pour assurer le bon déroulement des travaux. Selon lui, ces dépenses étaient nécessaires pour garantir la qualité des travaux réalisés.


Une mise en garde à vue controversée


La garde à vue d'Arsène Boundzanga a suscité des interrogations. De nombreux observateurs estiment qu’il paie le prix d’une décision précipitée d’accepter un chantier avec des conditions de financement et de planification insuffisantes. Les erreurs commises par le bureau d'étude et les retards dans l'exécution des travaux ont contribué à la situation actuelle.


L'opérateur économique a sollicité l'indulgence des autorités pour sa mise en liberté, en raison de son état de santé fragile. Selon lui, sa détention serait injustifiée, d’autant plus qu'il a investi bien au-delà de ce qui lui avait été alloué.


Une instruction du Président de la République


Il convient de noter que cette enquête s'inscrit dans un cadre plus large de vérification des fonds alloués par l'État gabonais pour la réalisation de divers chantiers dans la capitale économique, Libreville. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a donné des instructions pour l'ouverture de cette enquête, qui concerne plusieurs entreprises ayant bénéficié de financements publics. Cette initiative vise à garantir la transparence dans l’utilisation des fonds publics et à éviter tout détournement.


Demande d’une contre-expertise 


L’affaire Arsène Boundzanga soulève de nombreuses questions sur la gestion des projets d'infrastructure au Gabon. Tandis que l'enquête se poursuit, le responsable de l'entreprise continue de plaider son innocence et demande une contre-expertise des travaux réalisés.  

Par Pamphil

Top Articles