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À QUOI SERVENT RÉELLEMENT LES SALONS D’ORIENTATION, DE L’EMPLOI ET DE L’ENTREPRENEURIAT AU GABON ?

À QUOI SERVENT RÉELLEMENT LES SALONS D’ORIENTATION, DE L’EMPLOI ET DE L’ENTREPRENEURIAT AU GABON ?
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À Libreville, ils sont devenus presque des rendez-vous obligés du calendrier national. Salons d’orientation, salons de l’emploi, salons de l’entrepreneuriat. À intervalles réguliers, les mêmes stands se dressent, les mêmes discours se répètent, les mêmes promesses s’annoncent sous les projecteurs d’un tapage médiatique bien orchestré. 


Un rituel devenu incontournable… mais à l’efficacité questionnée


Les moyens financiers mobilisés impressionnent, les hôtels et salles de conférences affichent complet, les autorités défilent, les jeunes affluent, CV sous le bras et espoirs en bandoulière.


Mais à force de répétition, une question dérangeante s’impose : que changent réellement ces événements dans la vie des jeunes Gabonais ?


Car le constat est là, brut et têtu. Le chômage des jeunes reste élevé, flirtant avec des niveaux préoccupants. Les mêmes filières saturées continuent de produire des diplômés en quête d’emplois rares. L’adéquation entre formation et emploi, pourtant brandie comme objectif central de ces salons, semble progresser à pas lents, presque imperceptibles. Dans le privé, les recrutements restent limités et sélectifs, tandis que l’État demeure, pour beaucoup, le principal débouché, renforçant une économie d’attente plus que de production.


Dès lors, un paradoxe s’installe. Plus les salons se multiplient, plus la jeunesse semble confrontée aux mêmes blocages structurels. L’événementiel donne l’impression d’une réponse visible à un problème profond, mais pas totalement résolu.


Des espaces d’orientation et de réajustement des parcours


En théorie, ces salons ne sont pas de simples vitrines. Leur première fonction demeure essentielle. Orienter. Dans un pays où l’information sur les filières porteuses reste parfois dispersée, ces rencontres permettent aux élèves et étudiants de mieux comprendre les débouchés réels des formations.


Ils contribuent à mettre en lumière des secteurs stratégiques comme le numérique, l’agriculture, les mines ou encore la formation technique et professionnelle, souvent négligés au profit de cursus généralistes saturés.


Le lien direct entre jeunes et recruteurs : une promesse partielle


Autre ambition affichée. Rapprocher employeurs et demandeurs d’emploi. Sur le papier, l’idée est simple et efficace. CV déposés sur place, entretiens rapides, stages potentiels.


Dans la réalité, les résultats restent contrastés. Certains jeunes décrochent effectivement des opportunités, mais ils représentent de loin une infime minorité. Les entreprises présentes ne couvrent pas toujours l’ensemble du tissu économique, et les offres restent souvent limitées face à l’afflux des candidats.


L’entrepreneuriat comme alternative à la dépendance à l’État


Face à la saturation du salariat public, les salons de l’entrepreneuriat tentent d’installer une autre culture. Celle de l’auto-emploi. L’objectif est d’encourager les jeunes à devenir créateurs de valeur plutôt que simples demandeurs d’emplois.


Des incubateurs, des structures d’accompagnement et parfois des institutions financières viennent présenter leurs dispositifs. Les porteurs de projets sont orientés vers le montage de business plans, la recherche de financement et la structuration de leurs idées.


Mais là encore, le passage de l’idée à l’entreprise reste semé d’obstacles. Accès au financement, accompagnement post-salon, suivi réel des projets.


Un outil d’information et de démystification des métiers


En théorie, ces événements jouent également un rôle pédagogique important. Ils permettent de casser certaines représentations sociales figées autour des métiers. Des conseillers d’orientation, des universités et des centres de formation y présentent des parcours parfois méconnus mais porteurs.


Pour de nombreux parents et élèves, c’est une rare occasion de dialoguer directement avec des professionnels de l’éducation et du monde du travail.


Un enjeu de compétences et de préparation à l’emploi


En théorie, les salons proposent aussi des ateliers pratiques. Rédaction de CV, préparation aux entretiens, développement des “soft skills”. Ces compétences transversales, souvent négligées dans les parcours scolaires classiques, sont pourtant déterminantes dans l’accès à l’emploi.


Ils constituent donc, à leur niveau, un espace de formation accélérée à l’employabilité.


Un instrument de stratégie économique nationale


Ces salons s’inscrivent dans une logique plus large : celle de la diversification économique du Gabon. En orientant les jeunes vers des secteurs prioritaires, ils participent à la construction d’une main-d’œuvre locale plus adaptée aux ambitions de transformation du pays.


Ils accompagnent ainsi, au moins dans l’intention, la volonté de réduire la dépendance aux emplois publics et aux importations de compétences.


Entre utilité réelle et nécessité de transformation


Au final, les salons d’orientation, de l’emploi et de l’entrepreneuriat au Gabon ne sont ni inutiles ni miraculeux. Ils sont des outils. Utiles pour informer, orienter, sensibiliser et parfois connecter. Mais insuffisants pour, à eux seuls, résoudre une crise de l’emploi profondément structurelle.


Leur véritable défi n’est peut-être plus leur existence, mais leur efficacité réelle, leur suivi, et surtout leur capacité à produire des résultats mesurables dans le temps. Car une jeunesse ne se nourrit pas seulement d’événements, aussi prestigieux soient-ils, mais de perspectives concrètes, durables et accessibles.

Par Pamphil

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