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"LES MABOULS QUI DISENT QU'IL FAUT SE FÂCHER AVEC L'ALGÉRIE"

"LES MABOULS QUI DISENT QU'IL FAUT SE FÂCHER AVEC L'ALGÉRIE"
Macron critique le système français et attaque la ligne dure avec l'Algérie.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a fait des déclarations virulentes ce lundi 27 avril lors d'une visite en Ariège. À l'occasion d’une rencontre avec des soignants, il a abordé des sujets délicats touchant à la fois à la santé publique et à la politique étrangère. Dans une tirade qui ne manquait pas de caractère, il a fustigé ceux qu'il considère responsables d'une ligne dure et contre-productive vis-à-vis de l'Algérie.


Emmanuel Macron s’enflamme contre le système de régulation des médecins étrangers


Lors de cet échange, Emmanuel Macron a exprimé son exaspération à propos de la situation des médecins étrangers formés hors Union européenne, plus communément appelés "Padhue". Ces praticiens, souvent originaires d'Algérie, sont employés dans les hôpitaux français, mais rencontrent de nombreux obstacles administratifs pour obtenir la titularisation, une situation que le président trouve profondément dysfonctionnelle.


"Les 'Padhue', c’est encore le bordel", a ainsi déclaré Emmanuel Macron, visiblement agacé. "C’est un truc qui me rend dingue, c'est vraiment la folie du système français", a-t-il ajouté. Le président a dénoncé un système qui empêche ces médecins, souvent qualifiés et compétents, d'exercer de manière pérenne et efficace. "C'est des gens remarquables qu'on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l'hôpital et, le jour où il faut les titulariser (...) on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde", a-t-il critiqué, désignant l'absurdité du système français de régulation médicale.


Les "Padhue" : un enjeu de santé publique


La question des "Padhue" est au cœur d’un débat important en France, notamment face aux déserts médicaux qui touchent certaines régions. Ces praticiens viennent principalement d’Algérie, mais aussi de Tunisie, de Syrie et du Maroc, et leur rôle est crucial dans le maintien de l'offre de soins dans de nombreuses zones sous-dotées. Toutefois, leur statut précaire, marqué par un faible salaire et une longue procédure de validation de leurs compétences, nourrit des tensions au sein du corps médical et au-delà.


Le système d’authentification des diplômes étrangers, qui comprend des épreuves de vérification des connaissances (EVC) et un parcours de consolidation des compétences (PCC), est souvent perçu comme trop contraignant. Emmanuel Macron a insisté sur la logique absurde qui préside à ce système. "Dans la tête de tout le monde il faut faire de la régulation médicale par l'offre, donc plus on emmerde les gens longtemps, mieux c'est, car ça nous coûtera moins cher, ce qui est une folie, c'est l'inverse". Le président a clairement exprimé son désaveu face à une approche qui, selon lui, va à l’encontre de l’intérêt général.


Une déclaration incendiaire sur l'Algérie


C’est dans ce contexte que le président a fait une sortie plus politique, s’attaquant à ceux qui préconisent une ligne plus dure avec l’Algérie. En réponse à un médecin formé à Oran, en Algérie, Emmanuel Macron a lâché. "Allez le dire à tous les mabouls qui disent qu'il faut se fâcher avec l'Algérie." Cette phrase, à la fois ferme et provocatrice, visait clairement ceux qui militent pour une rupture des relations diplomatiques ou une approche plus agressive envers le pays nord-africain.


L’attaque, qui pourrait sembler désinvolte, s’inscrit dans un débat plus large sur les relations franco-algériennes. Le président a dénoncé ce qu’il appelle "un système qui marche sur la tête" et a clairement pris ses distances avec la ligne dure défendue par certains de ses opposants politiques.


La droite et l'extrême droite : une position plus dure envers l'Algérie


Si Emmanuel Macron s'est montré virulent contre ces "mabouls", il semble s’adresser particulièrement à une partie de la droite, en particulier aux Républicains. Bruno Retailleau, ex-ministre de l'Intérieur, a récemment pris position en faveur d'un bras de fer avec Alger, estimant que la France était trop conciliante. Lors de son passage à la tête du ministère de l'Intérieur, il n’hésitait pas à qualifier la France de "faible" face à l’Algérie.


De même, l’extrême droite, représentée par des figures comme Jordan Bardella, a pris une posture encore plus radicale. Lors d’un entretien en novembre 2025, Bardella avait dénoncé des "provocations" de la part de l’Algérie, annonçant qu’un gouvernement sous sa direction pourrait être prêt à engager une politique plus ferme avec Alger. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions historiques entre les deux pays, notamment depuis la guerre d’Algérie.


Une ligne diplomatique plus douce


Face à cette montée des tensions, une autre voix, celle de Laurent Nuñez, a tenté de réconcilier les positions. L'actuel ministre de l'Intérieur a, par le passé, défendu l’idée que "ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution se trompent". Il semble que cette ligne, plus conciliatrice, soit celle qu’Emmanuel Macron cherche à promouvoir aujourd'hui. En réaffirmant l’importance d’un dialogue ouvert et constructif avec l’Algérie, le président semble vouloir s’éloigner des politiques dures qui ont parfois émané de l’opposition.


Dans ce contexte complexe, Emmanuel Macron appelle à une régulation plus juste et à une politique étrangère plus mesurée, loin des excès et des postures radicales. Le message est éloquent. "On marche sur la tête", et il est grand temps de revoir certains systèmes et certaines stratégies.

Par Pamphil

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