NTOUM : LA VENTE DE PAIN EN BORD DE ROUTE, MIROIR D’UNE JEUNESSE EN QUÊTE DE SURVIE
Le long de l’axe PK12–Ntoum, dans la province de l’Estuaire, une scène devenue familière illustre à la fois la débrouillardise et la précarité d’une partie de la jeunesse gabonaise. Des vendeurs ambulants de baguettes de pain s’alignent au bord de la route, profitant du flux continu de véhicules pour proposer leurs produits aux automobilistes.
Derrière cette activité en pleine expansion se cache une réalité économique préoccupante. Pour de nombreux jeunes sans emploi stable, la vente de pain représente aujourd’hui une alternative viable pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Avec un investissement limité et une demande constante, ce petit commerce s’impose comme une porte d’entrée dans l’économie informelle.
Cependant, cette solution de survie n’est pas sans risques. L’absence d’espaces aménagés oblige les vendeurs à évoluer à proximité immédiate de la chaussée, parfois au milieu de la circulation. Les arrêts brusques des véhicules, les traversées imprudentes et la densité du trafic transforment chaque transaction en situation potentiellement dangereuse.
Au-delà du danger physique, cette pratique met également en lumière le manque d’encadrement du commerce informel dans les zones périurbaines en pleine croissance comme Ntoum. L’urbanisation rapide de cette localité, couplée à l’insuffisance d’infrastructures adaptées, accentue les tensions entre activités économiques et sécurité publique.
Pour certains habitants, la solution ne réside pas dans l’interdiction de cette activité, mais dans son organisation. « Il faut créer des espaces dédiés, sécurisés, où ces jeunes peuvent vendre sans risquer leur vie », suggère un riverain.
Dans un contexte marqué par le souvenir encore vif de l’accident tragique survenu en octobre 2025 au PK13, qui avait coûté la vie à cinq personnes, la question de la cohabitation entre commerce informel et circulation routière devient urgente.
Entre nécessité économique et impératif de sécurité, la vente ambulante de pain à Ntoum pose ainsi un défi majeur aux autorités locales ,comment soutenir l’initiative des jeunes tout en protégeant des vies humaines ?