FEMUA 18 : LE RETOUR DES TRADITIONS AU CŒUR DE LA SOCIÉTÉ AFRICAINE
Le Femua tradi : un pont entre passé et avenir
Lors du 2 mai 2026, Abidjan a accueilli un événement marquant : le Femua tradi. Un concept nouveau qui a réuni plusieurs groupes traditionnels venus de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Burkina Faso, et d’autres pays africains. La chefferie d’Anoumabo, berceau du groupe Magic System et cœur battant du festival, a supervisé la cérémonie. Nangy Vincent de Paul, directeur de cabinet du chef coutumier, a pris la parole pour souligner l’importance de la solidarité et de la culture dans le modèle social d'Anoumabo. Pour lui, Anoumabo incarne un véritable melting-pot culturel, un lieu où les diverses communautés africaines coexistent en harmonie, à l'image de la CEDEAO, cette organisation régionale qui réunit les peuples de l’Afrique de l’Ouest. Le festival a ainsi fait de la culture et de la tradition les éléments fondateurs d’un dialogue entre les peuples.
Le Gabon à l'honneur : un retour aux racines
Pour cette édition 2026, le Gabon était l’invité d’honneur du Femua 18. Présent pour la première fois dans cette édition, le pays a été représenté par son ministre de la Culture, Paul Ulrich Kessany, qui a souligné l’importance de la réintégration des traditions dans les politiques publiques. Selon lui, le retour aux racines est crucial pour l'Afrique qui doit retrouver sa force identitaire pour mieux se réinventer face aux défis contemporains. “Nos chefs coutumiers ont toujours été les garants de nos valeurs et de nos sociétés. C’est en leur rendant hommage que nous pouvons nous renforcer”, a-t-il déclaré.
En effet, la place centrale des traditions dans le développement des États africains a été un thème récurrent tout au long du festival. Les débats ont abordé des questions fondamentales : comment réintroduire ces pratiques anciennes dans le cadre moderne de nos sociétés, sans pour autant les étouffer sous le poids des innovations technologiques et des influences extérieures ?
Femua 18 : un carrefour de réflexion sur l'Afrique moderne
Depuis sa création en 2008, le Femua n’a cessé d’être un lieu de réflexion sur les enjeux culturels de l’Afrique. Son commissaire général, Salif Traoré, a déclaré que le festival est « une plateforme fédératrice, un carrefour de réflexion qui aborde aussi bien les enjeux sociaux, politiques que culturels du continent ». En cette 18ᵉ édition, cette volonté de connecter toutes les cultures africaines se traduisait par un programme riche mêlant musique urbaine et tradition.
Le festival a ainsi posé des questions cruciales sur l’avenir de l’intelligence artificielle (IA) en Afrique, et sur la manière dont cette technologie pourrait être utilisée pour préserver et diffuser nos traditions tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes de création culturelle. Le Femua 18 a ainsi cherché à être un carrefour où la création moderne et les valeurs ancestrales se rencontrent, en favorisant une ouverture d’esprit et un échange d’idées.
L’engagement de Magic System : un modèle à suivre
Il est difficile de parler de la 18ᵉ édition du Femua sans évoquer le rôle primordial du groupe Magic System, qui a porté le festival dès ses premières éditions. Cette année, le groupe a non seulement offert des performances spectaculaires, mais a aussi été salué pour son engagement social. La Première Dame de la Côte d'Ivoire, Dominique Ouattara, a adressé un message de félicitations à Magic System sur sa page Facebook officielle, en mettant l’accent sur leur implication humanitaire et leur rôle dans le développement de l’éducation en Côte d'Ivoire. Le groupe a contribué à la construction de 15 écoles à travers le pays, un geste d’une importance capitale pour l’émancipation des jeunes générations.
Magic System est un modèle de réussite, non seulement dans le domaine de la musique mais aussi dans leur engagement citoyen. A travers la Fondation Magic System, le groupe a prouvé que l’art peut être une arme puissante pour le changement social et pour l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables. Ce soutien à l’éducation, dans un pays où l’accès à l’éducation reste une préoccupation majeure, montre bien à quel point le groupe, au-delà de son statut d'icône musicale, incarne un véritable modèle de générosité et de solidarité.
La fête populaire de Dimbokro : un vent de joie
Si Abidjan a été le centre névralgique du Femua 18, c’est dans la ville de Dimbokro, le 3 mai 2026, que le festival a trouvé son apogée. Une immense fête populaire s’est déroulée dans la cité du bonheur partagé et du soleil radieux, comme la qualifie la foule enthousiaste. Le concert, emmené par des artistes comme Meiway, Black M, Youssou Ndour et Didi B, a offert un véritable moment de communion entre les artistes et le public.
Le public de Dimbokro a chanté, dansé et partagé un moment d’euphorie collective, oubliant un instant les préoccupations mondiales. Alpha Diallo, un des artistes phares du festival, a expliqué que la musique a ce pouvoir magique de rassembler les gens et de leur permettre de voyager au-delà de leurs soucis quotidiens. Pour lui, “le Femua, c’est une invitation au rêve et à l’espoir”.
La culture, clé de la cohésion africaine
La 18ᵉ édition du Femua a montré que la culture est bien plus qu’un simple vecteur de divertissement. Elle est un moteur de réflexion, de développement et d’unité. Par son approche inclusive, mêlant tradition et modernité, le festival a offert un espace de réflexion sur le rôle des traditions dans la construction d’une Afrique forte, solidaire et tournée vers l’avenir. Cette édition du Femua a su démontrer, une fois de plus, que la culture est le ciment qui peut rapprocher les peuples africains et contribuer à l’émergence de solutions pour le développement durable du continent.