OLIGUI NGUEMA PROMET TRANSPARENCE, JUSTICE SOCIALE ET PROSPÉRITÉ PARTAGÉE
Un mandat sous pression et sous conditions
Dès l’entame, le chef de l’État évoque les discussions avec le Fonds monétaire international, en insistant sur leur complexité.
“Un accord avec le FMI, ce n'est pas un chèque qu'on signe en une semaine. C'est une négociation technique exigeante qui engage le pays pour plusieurs années.”
Il précise également l’état d’avancement des discussions.
“Le Gabon a officiellement demandé un programme en mars. Les discussions se poursuivent cette semaine même à Washington en marge des réunions de printemps. Les signaux sont positifs.”
Sur les conditions exigées, il reste lucide mais ferme.
“Oui, il y a des conditions de rigueur budgétaire que tout programme implique. Mais sachez que les acquis sociaux seront préservés. Nous ne signerons pas un accord qui sacrifie le peuple gabonais sur l'autel de l'orthodoxie financière.”
Enfin, il fixe un cap clair.
“Notre objectif reste un accord d'ici mai, dans le respect des principes que nous avons arrêtés.”
Dette publique et exigence de transparence
Interrogé sur la dette, le président assume la situation tout en la replaçant dans son contexte.
“Oui, la dette est élevée, mais elle ne date pas d'hier. Quand nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons trouvé un Etat qui devait à tout le monde.”
Il détaille l’ampleur des engagements hérités.
“Aux fonctionnaires, aux entreprises, aux fournisseurs, aux bailleurs internationaux. Plus de 3 milliards 142 milliards de francs CFA ont été mobilisés depuis le 30 août 2023, rien que pour honorer les engagements hérités.”
Face à cela, il revendique une démarche de responsabilité.
“C'est un fardeau colossal que nous n'avons pas créé, mais que nous assumons pleinement.”
L’audit, une décision présidentielle
Concernant l’audit de la dette, le président tient à clarifier son origine.
“L'audit de la dette, ce n'est pas le FMI qui l'a exigée, c'est moi.”
Il explique sa motivation.
“J'ai personnellement demandé que nous procédions à une audite complète et rigoureuse de la dette gabonaise.”
Et insiste sur la nécessité de transparence.
“Parce que je refuse de signer un programme des yeux fermés.”
Il ajoute.
“Je n'ai rien à cacher, la transparence n'est pas une concession que je fais au FMI, c'est une exigence que je m'impose à moi-même.”
Le FMI, un choix assumé
Le recours au FMI est présenté comme une décision stratégique.
“Solliciter un programme, ce n'est pas un aveu de faiblesse, c'est un acte de maturité économique.”
Le président critique les pratiques passées.
“Ce qui serait un aveu de faiblesse, c'est de s'endetter dans l'opacité, de contracter des emprunts sans stratégie de remboursement, de laisser filer les déficits sans contrôle.”
Il résume la rupture engagée.
“Ça, c'est ce qui s'est passé pendant 30 ans. Nous faisons exactement l'inverse.”
Mettre fin au gaspillage
Le chef de l’État insiste ensuite sur la gestion des ressources.
“Nous ne signerons jamais un accord qui demande aux Gabonais de se serrer la ceinture pendant que les gaspillages continuent.”
Il rappelle les atouts du pays.
“La dette n'est pas une fatalité quand on a du pétrole, du manganèse, du bois, une forêt valorisable sur les marchés carbone et un peuple jeune et travailleur.”
Selon lui, le problème est ailleurs.
“Le problème n'a jamais été le manque de ressources, c'était le manque de gouvernance.”
Restaurer la confiance
Enfin, il évoque les premiers signaux positifs.
“Les marchés ne s'y trompent pas. Depuis l'annonce de notre programme avec le FMI, l’écart de rendement de nos obligations souveraines est passé de 854 à 771 points de base.”
Et conclut sur une note tournée vers l’avenir.
“C'est la traduction financière d'un mot simple, la confiance. Et cette confiance, nous la consoliderons chaque jour par les actes.”