OÙ EST PASSÉ L'ARGENT PUBLIC POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA BOXE ?
La précarité des infrastructures de proximité
Dans les quartiers populaires et les provinces, notamment à travers la ligue de l’Estuaire, les boxeurs s’entraînent dans des conditions quasi-dégradées, parfois archaïques. Salles d’entraînement délabrées, salles sans ring, rings placés à même le sol, sacs de frappe usés, rings non réglementaires... Où sont passés les financements ? Si des subventions existent, notamment les montants déboursés pour les combats de Taylor Mabika et autres, elles ne se traduisent pas par des investissements tangibles sur le terrain pour améliorer les infrastructures indispensables au développement des jeunes talents.
L’opacité des subventions publiques et la gestion fédérale
La gouvernance de la Fédération Gabonaise de Boxe (Fégaboxe) est régulièrement secouée par des crises internes et des démissions à répétition. Le départ fracassant, en mai 2026, du président Bonaventure Nzigou Manfoumbi, dénonçant une politisation excessive et un manque cruel de financements, jette une lumière crue sur le problème. La traçabilité des fonds publics alloués par le ministère des Sports et l’Office national de développement du sport reste floue, laissant planer des doutes sur l’efficacité de leur gestion. Une reddition de comptes transparente s’impose pour redonner confiance aux acteurs et passionnés.
Le fossé entre le football et les "disciplines mineures"
Historiquement, le football concentre la majeure partie des budgets et aides étatiques, souvent sans résultats probants. La boxe, sport individuel et de combat, est reléguée au second plan, victime d’une injustice budgétaire structurelle. Ce déséquilibre freine non seulement la croissance de la boxe, mais aussi la diversification du sport gabonais en général.
La fuite des talents et l’absence de professionnalisme
Sans un soutien financier stable, ni bourse ni ligue professionnelle viable, les boxeurs gabonais doivent multiplier les petits boulots ou s’expatrier pour vivre de leur passion. L’argent qui aurait dû structurer la discipline s’évapore, laissant la formation des jeunes et la rémunération des encadreurs dans l’oubli. Le Gabon forme ainsi des champions pour que d’autres pays en profitent.
Ce constat amer appelle à une mobilisation urgente pour que l’argent public serve réellement le développement de la boxe, redonne espoir aux athlètes et rende justice à ce sport qui fait la fierté nationale.