BELGIQUE : 22 800 EUROS RÉCLAMÉS À UN CAMEROUNAIS EXPULSÉ DE FORCE
La Belgique réclame 22 800 euros à un ressortissant camerounais expulsé de force vers Yaoundé en 2018. Cette somme correspond aux frais liés à son placement en centre fermé, à l’organisation de son retour et aux démarches administratives engagées par l’État belge.
Selon les faits rapportés, l’Office des étrangers avait accordé à l’homme un délai de 30 jours pour quitter volontairement le territoire belge après avoir constaté sa présence irrégulière. Ce délai n’ayant pas été respecté, les autorités ont procédé à son rapatriement forcé vers le Cameroun.
Le ressortissant camerounais conteste aujourd’hui cette facture devant la justice. De son côté, l’Office des étrangers maintient sa position, s’appuyant sur le cadre légal belge qui autorise l’État à récupérer certains coûts liés aux expulsions.
Cette affaire met en lumière une pratique plus large. L’an dernier, 249 dossiers similaires auraient permis à l’État belge de réclamer plus de 1,1 million d’euros. Les frais peuvent inclure le séjour en centre fermé, le transport, l’escorte éventuelle et les coûts administratifs.
Pour les associations de défense des étrangers, cette politique pose un problème de proportionnalité. Elles estiment qu’elle ajoute une lourde dette à des personnes déjà expulsées et souvent économiquement vulnérables.
Au-delà du cas individuel, cette affaire relance le débat sur les limites de la politique migratoire belge et sur la légitimité de faire supporter aux migrants expulsés le coût financier de leur renvoi forcé.