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 DIALOGUE STRATÉGIQUE SUR LA BIODIVERSITÉ, L’AGRICULTURE ET LES MINES

 DIALOGUE STRATÉGIQUE SUR LA BIODIVERSITÉ, L’AGRICULTURE ET LES MINES
Dialogue territorial 2025 au Gabon : agenda, participants et objectifs clés

Un contexte mondial et national pour la biodiversité


La biodiversité, cette richesse inestimable de la nature, joue un rôle crucial dans notre quotidien. Elle assure la production de biens et services vitaux tels que la nourriture, le bois, les fibres, ainsi que la régulation de l’eau et la séquestration du carbone. Pourtant, malgré les efforts déployés, la dégradation des écosystèmes continue à un rythme alarmant. La nécessité d’agir s’est fait plus pressante, notamment avec l'adoption en décembre 2022 (CDB), du Cadre Mondial pour la Biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF)


Ce cadre ambitieux vise à inverser le déclin de la biodiversité d’ici 2030 et à restaurer la nature d’ici 2050. Le Gabon, riche en forêts et en biodiversité, Elle a intégré ces enjeux dans la Stratégie et Plan d'Action National de la Biodiversité (SPANB). L'enjeu pour le pays est clair. "Comment concilier les secteurs économiques, notamment l'agriculture et l'exploitation minière, tout en favorisant un développement durable ?"


Le projet BIODEV 2030 : une initiative pour un changement durable


C'est dans ce contexte que le WWF, en partenariat avec l'Agence Française de Développement (AFD), a lancé le projet BIODEV pour promouvoir l'intégration de la biodiversité dans les stratégies nationales et sectorielles de développement.Son objectif est d’assurer que les pratiques économiques, notamment dans l’agriculture et l’exploitation minière, soient compatibles avec la préservation de la nature.


Au cours de sa première phase (2020-2022), BIODEV 2030 a permis d’identifier que ces deux secteurs sont les principaux moteurs de l’érosion de la biodiversité au Gabon. La seconde phase, qui s’étend jusqu’en 2026, a pour ambition de renforcer cette intégration, en élaborant des instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS) favorables à la biodiversité et en développant un projet pilote territorial dans la province de l’Ogooué Ivindo.


La sélection de Makokou comme territoire pilote


Après des analyses approfondies, la province de l ’Ogooué Ivindo comme territoire pilote. Les critères ont été nombreux. Forte population rurale, dépendance à l’eau, terres forestières sous statut légal, richesses en biodiversité, sites miniers, etc. Deux ateliers de dialogue, en mars et juin 2025, y ont permis de discuter des enjeux spécifiques à cette région, notamment de la gestion durable des forêts et de l’exploitation minière.


Les réformes proposées dans le cadre du projet ont été validées lors d’un dialogue national en décembre 2025, et ont permis d’aligner la stratégie nationale avec les cibles du KMGBF. La prochaine étape consiste à mettre en œuvre ces recommandations concrètes dans le cadre du projet pilote, pour réduire la pression exercée sur la biodiversité.


Le dialogue stratégique : une plateforme d’échanges et de partage


C’est dans ce contexte que s’organise le dialogue stratégique prévu en avril/mai 2026, à Libreville. Co-organisé par le Ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et Chargé du Conflit Homme-Faune, l’AFD et le WWF Gabon, cet évènement vise à faire le point sur les résultats du projet BIODEV 2030 et à renforcer la collaboration entre tous les acteurs concernés.


Le but est d’échanger sur les livrables du projet, notamment les instruments de politiques publiques sectorielles, et partager les perspectives pour l’avenir. Deux sessions seront dédiées à l’échange sur la biodiversité dans les secteurs de l’agriculture et des mines, deux secteurs clés qui, s’ils ne sont pas gérés durablement, continuent à menacer la biodiversité gabonaise.


Les participants et leurs rôles


Les participants seront nombreux. Représentants du gouvernement, acteurs du secteur privé (agriculteurs, éleveurs, exploitants miniers, industries forestières), organisations de la société civile, communautés locales, et citoyens. Chacun aura un rôle essentiel dans la définition des stratégies concrètes pour intégrer la biodiversité dans leur activité.


Parmi eux, le ministre des Eaux et Forêts, M. Jean-Michel Menga, sera présent pour souligner l’engagement politique. La représentante de l’AFD, Mme Sophie Laurent, insistera sur l’importance du financement dans la mise en œuvre de ces politiques. Enfin, M. Alain Ngouala, coordinateur du projet BIODEV 2030 pour le WWF Gabon, présentera les résultats obtenus et les perspectives d’avenir.


Objectifs et résultats attendus


L’objectif principal de ce dialogue de haut niveau est de renforcer la stratégie nationale en matière de biodiversité en s’appuyant sur les résultats du projet BIODEV 2030. Plus précisément, il s’agit de :


 - Présenter et discuter les livrables issus du projet, notamment les instruments de politiques publiques sectorielles.


- Identifier des perspectives concrètes pour la gestion durable de la biodiversité dans les secteurs de l’agriculture et des mines.


- Favoriser la synergie entre les acteurs pour une mise en œuvre efficace des mesures proposées.


Les résultats attendus sont multiples. Une meilleure connaissance des livrables, un consensus sur les actions prioritaires, et une feuille de route claire pour poursuivre l’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles.


Vers un avenir durable pour le Gabon


Ce dialogue stratégique s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du modèle de développement au Gabon. La richesse naturelle du pays doit devenir un levier pour une croissance économique durable, mais cela nécessite une implication forte de tous les acteurs. La réussite de cette démarche dépendra de leur capacité à collaborer, à partager leurs expériences et à mettre en œuvre concrètement les mesures discutées.


Le Gabon, en s’engageant dans cette voie, montre l’exemple que la conservation de la biodiversité et le développement économique peuvent aller de pair. La clôture du projet BIODEV 2030 sera une étape clé pour mesurer les avancées, mais surtout pour continuer à bâtir un avenir où nature et progrès  


Les participants


Les participants à cette rencontre importante étaient nombreux et variés. On compte notamment le Ministre des Eaux et Forêts, de l'Environnement, du Climat et Chargé du Conflit Homme-Faune, ainsi que les Ministres des Mines, des Ressources Géologiques, de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement rural. Plusieurs ambassadeurs étaient présents, notamment ceux de la France, de l'Union Européenne, du Royaume-Uni et de la Chine. Des représentants de grandes institutions telles que le PNUD, la Banque Mondiale, la BAD, la JICA, ainsi que le CAFI, étaient également présents. Des directeurs et responsables d'organisations comme l'AFD, WWF Gabon, UMIGA, ABG, OLAM, TNC, Brainforest, FENSED et Croissance Saine Environnement ont enrichi les échanges.


 « Je restitue un peu les livrables du projet Biodev 2030, qui sont la proposition de réformes des instruments de politique publique à la fois pour l'agriculture et pour les mines, mais également la proposition d'un projet territorial. L'audience de cette session était destinée aux partenaires techniques et financiers. Nous en avons eu quelques-uns, notamment l'ambassade de Chine qui était là, l'ambassade de France, le PNUD et bien d'autres. C'était pour leur partager ces éléments-là, qui méritent d'être accompagnés, qui méritent d'être mis en œuvre et qui demandent des appuis de la part du gouvernement pour la concrétisation de ces éléments-là. Pourquoi les mines et l'agriculture ? Le Gabon, je sais que tout le monde le connaît, c'est environ 88 % de forêts. Qui dit forêt dit biodiversité. Si l'on se met à développer le secteur minier, le secteur forestier et le secteur agricole, il est fort à parier que nous aurons des impacts sur la forêt, mais également qu'il pourrait y avoir des impacts sur le secteur économique. Comme nous l'avons vu tantôt, le projet a démontré qu'en fait, il ne s'agit plus que d'un aspect, que de l'aspect biodiversité, mais c'est également sur l'aspect de la cohésion ou bien de la cohabitation des secteurs économiques dans un même espace. Dans un même espace, vous avez la superposition des permis miniers et des concessions forestières. Si l'on développe les mines, le secteur forestier est en baisse, sinon en voie de disparition. Et donc du coup, comment règle-t-on cela ? Il y a des propositions, des réformes qui ont été avancées par les experts nationaux, de l'administration, de la société civile et du privé. Et nous félicitons l'engagement continu de l'UMIGA ; c'est une première d'avoir des solutions concrètes pour encadrer l'activité minière au Gabon. C'est cela qu'on est venu partager avec les PTF. Un commencement, ce n'est pas la fin, pour que cela commence et pour que cela soit réalisé »


a déclaré un responsable.


Agenda Dialogue


L'agenda du dialogue est prévu pour avril ou mai 2025, avec une date à confirmer. La journée débutera à 8h30 avec l'enregistrement des participants, organisé par WWF Gabon. La cérémonie d'ouverture, modérée par un représentant de WWF Gabon, comprendra les discours de la coordinatrice de WWF Gabon, du Directeur de l'AFD et du Ministre des Eaux et Forêts, de l'Environnement, du Climat et Chargé du Conflit Homme-Faune. À 10h, une diffusion du film du dialogue territorial sera présentée par la communication du WWF Gabon. Ensuite, de 10h15 à 10h45, un partage des résultats aura lieu, rappelant les objectifs de l'atelier et présentant les résultats du sondage par Serge Mibanbani et Eugène Ndong Ndoutoum. La matinée se clôturera par une séance de questions-réponses, suivie d'une photo de famille et d'une collation pour conclure cette journée enrichissante.


 

Par Pamphil

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